Huit tonnes de pommes, trois tonnes de sucre, 600 kg de pommes de terre, 600 kg de concombres, 200 kg de céleri… Voilà quelques exemples de dons recensés cette année en Alsace. À l’échelle de la France, une quarantaine d’actions sont en cours ou sont programmées d’ici au début de 2017. À la mi-septembre, elles concernaient, entre autres, des melons dans la Vienne, des pêches et des nectarines dans la Drôme, des tomates dans la Seine-et-Marne, un glanage solidaire de fruits et légumes dans l’Ille-et-Vilaine, du fromage blanc dans la Charente-Maritime…

« La générosité fait partie de l’ADN des agriculteurs. Ils ne produisent pas pour broyer ou jeter », a rappelé mardi 13 septembre à Strasbourg, Angélique Delahaye, présidente de l’association Solaal (SOLidarité des producteurs Agricoles et des filières ALimentaires) à l’occasion de la deuxième journée nationale du don agricole.

Un nouveau kit « Agriculteur solidaire, je donne »

En trois ans, soit depuis sa création en mai 2013, Solaal a favorisé le don à des associations comme les Restos du Cœur, la Banque alimentaire ou le Secours populaire, de 8 500 t de produits conformes, mais invendus ou invendables. Ils représentent l’équivalent de 17 millions de repas alors que la demande émanant des plus de 8 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France explose.

« En huit ans, le nombre de repas quotidiens distribués par la Banque alimentaire est passé de 9 000 à 24 000 dans le seul Bas-Rhin », indique le responsable départemental de cette association. Pour Angélique Delahaye, le volume de dons peut encore augmenter. Solaal assure la logistique du don ou transmet l’offre de don à l’un de ses quatorze relais (chambre d’agriculture ou FDSEA) répartis sur le territoire métropolitain.

Un nouveau kit « Agriculteur solidaire, je donne » informe sur les côtés pratiques du don. Solaal réclame aussi à l’Administration plus de souplesse sur la déduction fiscale prévue pour les dons dans le cas de produits passant par un intermédiaire. Cela faciliterait le don de viande et de produits transformés alors qu’aujourd’hui 99 % des dons se concentrent sur des produits frais, essentiellement des fruits et légumes.

Henri Roy