Le constat est accablant : « La campagne est déshumanisée », « Depuis 70 ans, nous menons une agriculture de prédation », « 60 % des sols sont morts », « Les engrais ont détruit les sols »… Le début du documentaire « On a 20 ans pour changer le monde », qui est sorti ce mercredi dans 40 cinémas, donne le cafard. On comprend que sans...
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Le constat est accablant : « La campagne est déshumanisée », « Depuis 70 ans, nous menons une agriculture de prédation », « 60 % des sols sont morts », « Les engrais ont détruit les sols »… Le début du documentaire « On a 20 ans pour changer le monde », qui est sorti ce mercredi dans 40 cinémas, donne le cafard. On comprend que sans transition agricole radicale vers la permaculture, tout est fichu ! C’est le seul moyen de « prendre soin de la terre, des humains et de partager équitablement les ressources », expliquent les agroécologistes interviewés.

« Leur révolution agroécologique »

Les héros de ce film de 1h30 sont une petite équipe de trentenaires, fondateurs du réseau « Fermes d’avenir ». Dynamiques, investis d’une mission qui leur donne des ailes, rien ne semble résister à ces communicants nés. Ils accèdent, avec une facilité déconcertante, au ministre alors en exercice, Stéphane Le Foll, et à Nicolas Hulot. Les chefs d’entreprise leur ouvrent les bras. Personne ne veut passer à côté de leur révolution agroécologique, qui entend former et installer des milliers de « payculteurs » sur des « microfermes ». Le film, pétri de bons sentiments, fera sûrement naître des vocations. Un miroir aux alouettes ?

On regrette « l’ode » à Maxime de Rostolan, le fondateur vedette de « Fermes d’avenir », qui accapare l’écran. On s’étonne aussi de la véracité des chiffres avancés, comme la moyenne de 2 500 € de revenu par mois dégagé par une microferme ! Et puis, face aux inévitables difficultés financières et techniques qu’ils rencontreront, quel soutien recevront-ils ? Étonnant enfin de ne pas donner à entendre la parole de la Fédération nationale de l’agriculture bio, qui a pourtant 40 ans d’expérience en bio. Bref, beaucoup d’idéalisation et peu d’arguments économiques pour être crédible. Mais ils sont très forts en comm’, il n’y a rien à dire !

Sophie Bergot