L'alerte à la dioxine en Allemagne a pris de l'ampleur mercredi, la Chine suspendant les importations d'oeufs et de porcs allemands.

« J'exige que tout produit contaminé issu des exploitations fermées soit retiré immédiatement et complètement du marché », a indiqué la ministre allemande de l'Agriculture, Ilse Aigner.

Le ministère de l'Agriculture de la Basse-Saxe (nord), l'Etat régional le plus touché et où a été effectué le premier test positif à la dioxine sur de la viande de porc, a reconnu ne pas pouvoir exclure que de la viande contaminée ait atteint les étals.

« C'est un scandale qui grossit et empire chaque jour », a déclaré le ministre de l'Agriculture de l'Etat régional de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (nord-ouest), Johannes Remmel.

L'administration chinoise chargée de la quarantaine et de la qualité des produits alimentaires a annoncé mercredi une suspension des importations de porcs et d'oeufs allemands. Les produits en voie d'acheminement subiront des tests à leur arrivée en Chine pour voir s'ils sont contaminés à la dioxine, a-t-elle ajouté.

Les exportations de porc allemand vers la Chine sont modestes : elles s'élevaient à 7.000 tonnes en 2009, selon le ministère allemand de l'Agriculture.

Le plus grand client de l'Allemagne pour la viande de porc est l'Union européenne (3,9 milliards d'euros en 2009), avec en tête l'Italie.

La Corée du Sud avait suspendu dès samedi ses importations de viande de porc allemand. La Russie a également renforcé les contrôles sur la viande importée d'Allemagne.

En revanche, la Slovaquie, qui avait suspendu la vente d'oeufs et de volailles allemands, a levé cette restriction.

« Les tests réalisés par les autorités sanitaires ont montré que les échantillons testés n'étaient pas contaminés », a déclaré le ministre Zsolt Simon.

412 élevages étaient encore fermés par mesure de précaution, pendant que des tests étaient effectués, selon Mme Aigner. Au plus fort de la crise, vendredi dernier, ils étaient 4.700, sur les 375.000 que compte l'Allemagne.

La société allemande Harles und Jentzsch est soupçonnée d'avoir utilisé un lot de matières grasses à usage industriel contenant de la dioxine, pour fabriquer 3.000 tonnes de graisses destinées à l'alimentation animale. Livrées à 25 clients dans toute l'Allemagne, elles ont été utilisées pour produire 150.000 tonnes de suppléments alimentaires pour animaux.

Les analyses réalisées jusqu'à ce jour ont montré que les élevages de poules pondeuses et de porcs étaient les plus touchés, parce que leurs aliments composés contiennent de forts pourcentages de graisses, selon la Commission européenne.

Harles und Jentzsch a déposé son bilan, mercredi. L'entreprise a effectué cette démarche auprès d'un tribunal du Schleswig-Holstein (nord), où est basé son siège, a indiqué une porte-parole du tribunal.

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