Sept personnes, poursuivies dans le cadre de la destruction en août 2013 du portique écotaxe de Guiclan (Finistère), ont été condamnées lundi à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Brest. Le parquet avait requis le 30 octobre 2014 une relaxe et des peines de trois à quatre mois d'emprisonnement avec sursis.

Les sept prévenus – six hommes, exploitants agricoles, et une femme, salariée agricole – ont également été condamnés à verser un euro de dommages et intérêts chacun à la société Ecomouv', qui devait se charger de mettre en oeuvre et de collecter cette taxe sur les poids-lourds. En revanche, la constitution en tant que partie civile de l'État a été déclarée irrecevable car il n'a pas pu démontrer sa qualité de propriétaire du portique.

Les sept prévenus avaient été aperçus tenant la bâche sous laquelle opéraient ceux qui ont déboulonné et découpé les piliers du portique, en août 2013, le premier d'une longue série. Tous ont affirmé qu'ils ne savaient pas ce que faisaient les personnes dissimulées sous la bâche.

«  Les citoyens ont recadré l'action gouvernementale et le gouvernement a reculé, c'est l'aspect positif. On est condamnés mais je vais au-delà de ça, on était là pour manifester contre l'écotaxe, pas pour détruire le portique », a réagi Thierry Quéré, l'un des sept prévenus condamnés.

«  Ce jugement tombera vite dans les oubliettes »

«  Tout ce mouvement de l'extrême Ouest a permis de faire en sorte que l'écotaxe ne soit pas appliquée. Ce jugement tombera vite dans les oubliettes », a estimé Me Christian Bergot, l'avocat des sept personnes inculpées. « On a tiré sur des lampistes, l'État n'est même pas capable de prouver sa propriété sur le portique », a-t-il ajouté.

D'autres portiques avaient par la suite été détruits ou endommagés dans la région, l'écotaxe cristallisant la colère des Bretons confrontés à des restructurations et des plans sociaux, notamment dans l'agroalimentaire. Le principe de l'écotaxe, devenu ensuite « péage de transit poids-lourds », a finalement été abandonné au début d'octobre 2014.

Lors du procès, environ 250 personnes avaient manifesté devant le tribunal à l'appel du collectif des Bonnets rouges, dont des militants ont déjà été condamnés par d'autres tribunaux bretons pour des destructions ou des tentatives de destruction de portiques.

Le mouvement, débuté en août 2013 à Guiclan, a pris le nom de Bonnets rouges lors de la manifestation le 26 octobre 2013 devant le portique écotaxe de Pont-de-Buis, entre Brest et Quimper.