Chasseurs et agriculteurs (FNSEA, JA et chambres d'agriculture) ont engagé des négociations pour modifier la procédure d'indemnisation des dégâts de grand gibier afin de la rendre « simple, efficace et moderne ». Celles-ci devront vite aboutir si les parties veulent que la loi soit modifiée avant la fin de la session parlementaire qui s'achève en février à cause de la présidentielle.

Sur la situation du grand gibier et plus particulièrement des dégâts de sangliers causés à l'agriculture, quatre inspecteurs généraux nommés cet été par les ministres de l'Ecologie et de l'Agriculture doivent bientôt rendre un audit. Mais rien ne dit que ce rapport sera publié. 

Rappelons que le prédécesseur de l'actuelle ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, avait déjà mis en place durant l'été de 2009 un plan national de maîtrise du sanglier. Cette surpopulation suscite l'exaspération chez les exploitants sinistrés.

Au cours de la campagne 2009-2010, le montant des indemnisations imputées au grand gibier a atteint 27,3 millions d'euros. En léger retrait par rapport à la campagne précédente qui avait atteint des sommets : 33 millions d'euros. Même si les surfaces détruites restent stables, la facture pour la campagne 2010-2011 devrait être en hausse compte tenu du prix des denrées.

A lui seul, le sanglier représente plus de 85 % des dégâts de grand gibier. Les chasseurs réalisent un tableau de chasse d'environ 550.000 têtes par an, encore insuffisant pour entamer le capital de reproduction de l'espèce.

« Les dégâts les plus coûteux se concentrent sur des points noirs », souligne Benoît Guibert, chef du service qui traite les dégâts de gibier à la Fédération nationale de la chasse : 10 % des communes concentrent les trois quarts de la facture des dégâts de sangliers. » Selon lui, quatre causes sont à l'origine de ces « points noirs » disséminés sur tout le territoire : les dégâts affectant des cultures à forte valeur ajoutée comme des pépinières, les territoires non chassés (terrains militaires, réserves naturelles et propriétés privées), la déshérence cynégétique (surtout dans le sud) et les chasses « CAC 40 » où des gestionnaires peu scrupuleux n'hésiteraient pas, par exemple, à pratiquer l'agrainage pour multiplier les opportunités de tirs à leurs clients fortunés.

« Ces zones où les animaux ne sont pas ou peu chassés sont des refuges, commente Benoît Guibert. Les animaux s'y reproduisent et, quand ils manquent de nourriture, ils envahissent les cultures périphériques. »

La surpopulation de sangliers pose aussi des problèmes sanitaires et de santé publique (hausse des collisions avec les automobilistes).

A.Co.