La récolte dans le Bordelais est « en baisse de 40 à 50 % » par rapport à 2016, mais la qualité sera au rendez-vous, particulièrement en blancs, a annoncé l’interprofession ce jeudi 12 octobre 2017. La « très petite » récolte de 2017, la plus faible depuis 1991, devrait déboucher sur un recul de près de 375 millions de bouteilles par rapport à l’an dernier. Soit un manque à gagner de près de 2 milliards d’euros, selon le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), rappelant qu’il faudra attendre les déclarations de récolte de fin d’année pour déterminer avec exactitude la baisse.

Un impact économique en 2018 et 2019

Ces vendanges historiquement basses, qui se retrouvent ailleurs en Europe, vont impacter la commercialisation : entre 5 et 5,1 millions d’hectolitres seront commercialisés cette année, au lieu des 5,3 espérés. L’impact économique se fera surtout ressentir en 2018 et 2019, déclare le président du CIVB, Allan Sichel, pour qui l’interprofession s’attachera à éviter des répercussions sur les prix.

Diminuer les stocks de manière déraisonnablement basse

L’enjeu pour la filière des vins de Bordeaux « va être, sur 2018, de lisser au maximum l’approvisionnement des marchés, avec des bons vins de 2015, 2016 et ceux produits en 2017, et accepter de baisser nos niveaux de stock disponibles de manière extraordinairement basse, déraisonnablement basse peut-être […] et profiter des millésimes suivants pour reconstituer les stocks », ajoute-t-il. Mais « ce qu’on n’arriverait pas à franchir, c’est un millésime 2018 qui ressemblerait à 2017, car là, on serait dans une impasse, on ne saurait vraiment pas quoi faire », concède Allan Sichel.

La récolte de cognac en baisse aussi

« Avec des rendements moyens estimés à 9 hectolitres d’alcool pur par hectare, la vendange de 2017 s’annonce en retrait par rapport à 2016 (–16 %) », écrit la préfecture de Région dans un communiqué. Sans que l’on connaisse encore les chiffres définitifs, la baisse en volume devrait être de l’ordre de 18 à 20 % par rapport à une année moyenne, et davantage par rapport à 2016, qui avait été une très bonne année, selon des estimations de la profession. Ces chiffres globaux cachent une « grande hétérogénéité » d’une exploitation à l’autre, certaines ayant été plus épargnées que d’autres part les gelées.

Cependant, « la baisse de la récolte à venir due aux gels ne devrait pas profondément remettre en cause la bonne santé de la filière », estime la préfecture de Région. À la mi-août, l’interprofession a en effet annoncé une progression des ventes pour la troisième année consécutive, avec une campagne de 2016-2017 (du 1er août 2016 au 31 juillet 2017) record enregistrant une hausse de 10,2 % en volume et 15,2 % en valeur.

190,2 millions de bouteilles exportées

Exporté à 98 %, avec les États-Unis comme marché moteur, le cognac a totalisé lors de cette dernière campagne quelque 190,2 millions de bouteilles expédiées, contre un peu moins de 173 millions pour la dernière campagne, qui constituait déjà un record, selon des chiffres du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) publiés en août. Ces expéditions représentent un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros (valeur au départ de Cognac) contre 2,6 milliards l’an dernier.

AFP