L’autoroute qui relie l’aéroport Roissy-Charles de Gaule à Paris pourrait bientôt se border d’une vallée agricole. C’est le projet de l’union de coopératives InVivo. « L’idée a germé après qu’un cabinet d’architecte publie une vidéo fantasmant un monde dans lequel les abords de l’autoroute A1 seraient verdoyants, raconte Antoine Poupart, chargé du projet chez InVivo. Cet axe routier est le premier et le dernier que voient les touristes. Aussi, le visuel laisse une trace positive ou négative. »

Sollicité par la Paris Île-de-France capitale économique, InVivo s’est positionné non pas en faveur d’un développement paysager, mais agricole. « Notre objectif est d’aller à la reconquête du foncier perdu, pour redynamiser l’agriculture, tout en rendant des services environnementaux, précise Antoine Poupart. Cela implique aussi de planter des haies, ou d’installer des mares. » Ainsi, InVivo imagine des parcelles de blé, d’orge, de colza, du maraîchage… Et pourquoi pas de la vigne et de l’élevage ? « Tout est possible tant que nous trouvons les débouchés en local », poursuit-il.

Des résultats en mai

Si sur le papier, l’idée est séduisante, l’étude de faisabilité est encore en cours. « Nous devons réunir toutes les parties prenantes du projet, pour connaître leurs motivations, reprend Antoine Poupart. Parmi eux, deux acteurs économiques majeurs : Ikea et Vente privée. » Il reste aussi à voir qui lèvera les fonds. « Il faut que ce projet soit autoportant, car il faudra rémunérer les agriculteurs qui mettront le territoire en place. »

L’argent pourrait venir des entreprises, pour qui les enjeux écologiques sont parfois lourds. L’enquête permettra d’évaluer leurs besoins en compensations carbone, par exemple, et de voir jusqu’où elles seraient prêtes à aller pour bénéficier des avantages écologiques de ces surfaces agricoles.

L’enquête doit aussi recenser les parcelles disponibles, et nécessaires au bon fonctionnement du projet. « Nous n’avons pas le pouvoir de préempter, rappelle Antoine Poupart. Cette vallée agricole ne verra le jour que si les entreprises sont d’accord. » Les premiers résultats de l’enquête sont attendus en mai.

Hélène ChaligneJournaliste – Service web