Bruxelles a annoncé ce 16 janvier 2019 que les taxes douanières s’appliqueront dès vendredi, pour trois ans, à raison de 175 € par tonne importée la première année, 150 € par tonne la seconde et 125 € par tonne les années suivantes.

Une concurrence pour la production européenne

Selon la Commission, l’augmentation « importante » des importations de riz Indica du Cambodge et de Birmanie dans l’Union européenne au cours des cinq dernières saisons (+89 %) a provoqué « des dommages économiques » chez les producteurs européens.

Les prix du riz en provenance de l’Asie étaient « nettement inférieurs » à ceux du marché européen, souligne l’exécutif européen. La part de marché des producteurs de l’Union européenne a chuté sur cette période de 61 % à 29 %, ajoute-t-il.

Une requête italienne soutenue par la France

L’Italie avait demandé des mesures de protection sur le riz en février, une requête soutenue par tous les autres producteurs de riz dans l’Union européenne : l’Espagne, la France, le Portugal, la Grèce, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie.

Dès avril 2017, les producteurs européens avaient dénoncé une « situation critique », soulignant l’explosion des échanges avec le Cambodge, qui a exporté 345 000 tonnes de riz en 2016 contre 8 000 en 2009.

Une décision essentielle

« Étant donné la situation actuelle des producteurs de riz européens, il était essentiel que la décision entre en vigueur le plus rapidement possible », a réagi Giuseppe Ferraris, du Copa-Cogeca dans un communiqué de presse.

Environ 12 000 producteurs de riz opèrent dans huit pays de l’Union européenne. La moitié de la production communautaire vient de l’Italie.

Le Cambodge et la Birmanie bénéficient de l’initiative « Tout sauf les armes » (TSA) qui autorise plusieurs dizaines de pays en voie de développement à exporter leurs produits, armes exceptées, vers les États membres de l’Union européenne sans payer de droits de douane.

AFP