À la veille d’un procès les mettant en cause pour avoir rendu des produits à base de glyphosate impropres à la vente (1), un « commando » de faucheurs volontaires s’est réuni « sur un parking jouxtant le lac de Thésauque, entre Nailloux et Gardouch », indiquent-ils sur le site. De là, ils sont allés sur une plate-forme d’essais de 0,75 ha, pour marcher sur des tournesols implantés sur des coteaux.

Cette plate-forme n’est autre que la plate-forme d’essais interinstituts (Terres Inovia, Arvalis, Institut technique de la betterave-ITB) Syppre, qui vise à comparer les performances économiques et environnementales de différents systèmes de cultures. Cinq parcelles, soit la totalité des tournesols implantés cette année sur l’essai, ont été détruites « en moins d’une demi-heure ».

Des essais sans OGM

À Montesquieu-Lauragais (Haute-Garonne), les essais mis en place visent à comparer une rotation courte blé dur/tournesol à une rotation longue (8 ans) incluant ces mêmes tournesols et blé dur. Selon les Faucheurs volontaires, il s’agit de « parcelles d’essais OGM dans un champ de tournesols ».

Faux répondent aujourd’hui Arvalis, Terres Inovia et l’ITB dans un communiqué conjoint. Il « n’y a aucun OGM cultivé ou à l’essai en France du fait de la législation en vigueur ». Anthony Cazauban, technicien chez Arvalis, précise que c’est une « variété de tournesol oléique non tolérante aux herbicides : la variété LG5687 HO ».

Cette action est donc incompréhensible pour les instituts, d’autant que les objectifs des essais sont de tester des systèmes économes en intrants (eau, engrais, phytos) et adaptés aux « situations où l’irrigation n’est pas possible, typique des conditions difficiles du secteur ».

À 10 à 15 jours de la date de récolte prévue, la destruction des essais s’avère coûteuse pour l’agriculteur qui les héberge comme pour les expérimentateurs, qui voient le suivi réalisé sur la campagne amputé des notations finales. Des capitules ont cependant pu être récoltés à la main afin d’avoir des résultats, même imparfaits.

La violence condamnée

« Nous refusons que, dans notre profession, au nom de simples “convictions” ou “sentiment”, chacun s’arroge le droit de violer les propriétés privées, de détruire des dispositifs ou installations, de mépriser le travail des agriculteurs et des techniciens », ont indiqué les instituts techniques dans leur communiqué.

D’autant que les essais ont été conduits, selon les instituts, en toute transparence, avec une inauguration le 31 mai dernier et des présentations régulières aux techniciens et agriculteurs.

Sur Twitter, Arvalis, Terres Inovia et l’ITB recevaient notamment le soutien de la FNAMS et de la FN3PT, respectivement fédération des agriculteurs multiplicateurs de semences et fédération des producteurs de plants de pomme de terre.

A. Cas.

(1) France 3 Région Occitanie indique que les Faucheurs volontaires de l’Ariège avaient, le 27 septembre 2016, « peint des dizaines de bidons d’herbicide contenant du glyphosate dans deux magasins de jardinage de l’agglomération de Pamiers ». Ils avaient recommencé le 1er mars dernier dans un magasin de bricolage à Foix.