Vous venez d’être convoqués dans le cadre d’une procédure d’exclusion en tant que coopérateur. Quel est votre état d’esprit ?
Contenu réservé aux abonnés de La France Agricole
pour vous connecter et poursuivre la lecture
14%

Vous avez parcouru 14% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant d’1 mois de découverte à La France Agricole
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez les 2 newsletters
  • > Recevez 4 numéros chez vous
J'en profite !

Vous venez d’être convoqués dans le cadre d’une procédure d’exclusion en tant que coopérateur. Quel est votre état d’esprit ?

Gérard Clay. Avec mes collègues Gilles Bollé et Xavier Laude, nous avons été stupéfaits par les griefs qui nous sont reprochés, par la méthode qui a été employée, une convocation dans les trois jours en plein mois d’août, et par cette demande de « comparution » devant le Conseil de Surveillance. C’était le terme employé dans le courrier que nous avons reçu. Nous connaîtrons le verdict dans quelques jours.

Cette menace d’exclusion est une initiative inédite dans l’histoire de notre coopérative. Elle en a fait réagir beaucoup, et nous avons reçu des soutiens de toute part. À l’issue de notre comparution, nous avons été accueillis chaleureusement par des collègues qui avaient fait le déplacement. Ce ne sont pas trois agriculteurs que l’on veut exclure, ce sont trois élus qui représentent 7 500 coopérateurs, soit près de 63 % des adhérents de Tereos.

La menace d’exclusion, à la fois irrégulière et injustifiée, n’entame en rien notre détermination à obtenir des réponses, à rétablir un dialogue démocratique, et à ramener Tereos à une gestion saine et durable, dans le seul intérêt des coopérateurs.

Que vous reproche-t-on ?

Tout simplement de dire la vérité. Pour plusieurs membres du Conseil de Surveillance, il s’agit d’un dénigrement. Mais nous n’avons jamais dénigré Tereos. Nous n’avions d’ailleurs aucun intérêt à le faire. Depuis de nombreux mois, nous avons exprimé de bonne foi et de manière circonstanciée, les inquiétudes légitimes des adhérents.

C’est une liberté fondamentale dont nous disposons et un devoir vis-à-vis de ceux que nous représentons. On nous accuse, à mots couverts, de déstabilisation. Le procédé est ancien, on préfère tuer le messager plutôt qu’écouter les mauvaises nouvelles. Ce sont les autorités compétentes qui doivent être juges, le Haut Conseil de Coopération Agricole et la justice approuveront ou non la méthode.

Qu’est-ce qui vous gêne le plus ?

Pendant deux ans, nous avons tenté d’avoir des chiffres, en respectant scrupuleusement la confidentialité des débats. Le directoire a fait barrage à nos demandes. C’est pourtant bien le rôle d’un Conseil de Surveillance.

Il nous a fallu attendre de récupérer le dépôt des comptes au greffe du Tribunal pour pouvoir analyser certains chiffres. C’est ce qui nous a permis de nous rendre compte que le coût du siège social avait augmenté, en moyenne, de 15 % par an depuis 2012, alors que l’objectif était de réduire la dette et que des efforts très importants sont demandés aux agriculteurs.

Nous avions réussi à instaurer un comité de rémunérations et un comité d’audit, mais ils ont été anesthésiés. Les assemblées générales de section ont été totalement verrouillées. Même les discours des présidents de région ont été imposés. Le regroupement des sièges à Moussy-le-Vieux, près de Roissy, nous fait aussi craindre une hémorragie de compétences. Pour nous, le capital humain est primordial.

D’un point de vue purement pratique, allez-vous prendre contact avec d’autres groupes sucriers pour transférer vos productions de betteraves au cas où ?

Non. Nous n’en sommes pas là. Nous espérons que les choses pourront s’apaiser et que nous pourrons rester adhérents de Tereos. Nous espérons que les coopérateurs vont être derrière nous, pour rappeler Tereos à la raison.

Propos recueillis par Blandine Cailliez

(1) Ces trois agriculteurs font partie des 70 élus sur 172, qui ont présenté leur démission à la coopérative le 9 juillet dernier. Ils étaient tous trois, membres du Conseil de Surveillance de la coopérative sucrière, et président d’une région.