En dépit d’un mois de mai particulièrement sec, FranceAgriMer estime que l’état des cultures de betteraves en France est correct. Selon les premières estimations de surfaces, encore variables selon les sources, les semis couvriraient plus de 470 000 ha dont 450 000 ha environ destinés à la production de sucre.

Prix mondiaux en baisse

Les prix mondiaux du sucre ont fortement baissé depuis le début de l’année, et cette tendance pourrait se poursuivre si la production mondiale de sucre dépasse la consommation en 2017-2018, comme le prévoit l’ISO (International Sugar Organization). Cette dernière table, après deux années de déficit, sur une production de 178,5 millions de tonnes (Mt), soit 3 Mt de plus que la consommation mondiale.

Les prévisions de production sont bonnes au Brésil et le continent asiatique pourrait produire 8 Mt de sucre de plus qu’en 2016-2017 en raison des hausses attendues en Inde et en Thaïlande. Par ailleurs, la chute du prix du pétrole à la mi-juin a affecté les cours des matières premières, indique FranceAgriMer.

L’Union européenne à la conquête de nouveaux marchés

Le Brésil, premier fournisseur mondial de sucre durant les vingt dernières années, pourrait perdre des parts de marché, sous l’effet de multiples facteurs : champs de canne vieillissants, investissements insuffisants dans les capacités de traitement, augmentation de la production d’éthanol pour le marché intérieur, fluctuations défavorables du prix du pétrole… Avec la suppression des quotas sucriers, l’Union européenne a une carte à jouer pour conquérir de nouveaux marchés à l’exportation.

Pour l’heure, les exportations vers les pays de la Méditerranée et le Moyen-Orient (Israël principalement, mais aussi l’Algérie, l’Égypte, le Liban, l’Arabie Saoudite, le Koweït et la Turquie) représentent la moitié du total des exportations de sucre blanc de l’Union européenne. Pour la campagne commerciale en cours, l’Union européenne a exporté plus de 500 000 tonnes de sucre blanc à des prix FOB oscillant entre 485 et 533 €/t, sur la période d’octobre 2016 à mars 2017.

Les enjeux du Brexit

Les flux en sucre et en éthanol entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, importateur net, sont loin d’être négligeables. Ces dernières années, la balance commerciale du Royaume-Uni avec le reste de l’Union européenne était déficitaire pour l’éthanol comme pour le sucre.

La mise en place de barrières tarifaires pourrait entraîner une déstabilisation du marché européen, avec le report de livraisons intra-européennes jusqu’alors destinées au Royaume-Uni vers les autres pays de l’Union européenne.

Dans le même temps, l’Union devra se prémunir face au risque de voir du sucre ou de l’éthanol de pays tiers, notamment du Brésil ou des États-Unis, entrer sur son territoire via le Royaume-Uni. En effet, le Royaume-Uni pourra négocier seul des accords de libre-échange bilatéraux avec des pays tiers une fois sorti de l’Union européenne, prévient FranceAgriMer.

A.M.