Le déclenchement de cette enquête, dévoilé dimanche par le ministère chinois du Commerce, intervient moins de deux semaines après l’adoption par les États-Unis de « droits de sauvegarde » sur des panneaux solaires chinois et les grandes machines à laver fabriquées en Chine.

Les résultats de l’enquête antidumping chinoise ne sont pas attendus d’ici à un an, a précisé le ministère, sans dévoiler de nouvelle taxe dans l’immédiat. L’enjeu est néanmoins crucial : le géant asiatique est le premier importateur des récoltes de sorgho et de soja des États-Unis, et un relèvement des taxes douanières chinoises pénaliserait les producteurs américains. L’enquête a été demandée par le gouvernement, et ne fait pas suite à une plainte d’entreprises chinoises du secteur.

Forte baisse des prix en Chine

La Chine a importé 4,8 millions de tonnes de sorgho des États-Unis l’an dernier, pour une valeur équivalant à presque 1 milliard de dollars, selon les Douanes chinoises. Or, « le gouvernement américain subventionne la culture du sorgho », affirme Wang Hejun, directeur du « Bureau des aides commerciales et enquêtes » au ministère chinois du Commerce. « Depuis 2013, nos importations de sorgho américain ont gonflé très substantiellement et les prix ont plongé, au net désavantage des agriculteurs chinois cultivant le sorgho », fait valoir le responsable, cité dans un communiqué.

Tensions commerciales

Selon Pékin, les États-Unis ont exporté plus de la moitié de leur production de sorgho depuis 2013. Dans ce contexte, des experts estiment que la Chine pourrait envisager des taxes douanières pénalisant particulièrement des États républicains constituant la base de l’électorat soutenant le président Donald Trump. Le Kansas, qui a largement voté pour le milliardaire américain en 2016, est de loin le premier État producteur de sorgho aux États-Unis, suivi du Texas et du Colorado.

Les tensions commerciales sino-américaines se sont fortement intensifiées depuis l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, qui fustige volontiers les politiques commerciales jugées « protectionnistes » de la Chine.

Avec l’AFP