Environ 300 agriculteurs adhérents de la Coordination rurale se sont donné rendez-vous mardi matin, le 21 novembre 2017, dans le port de Lorient (Morbihan). Leur but : récolter des échantillons de soja importé. « Si on interdit le glyphosate, il faut arrêter les importations », insiste Nicolas Jaquet, le président de l’OPG (1). À travers cette action, le syndicat veut prouver que les résidus de glyphosate sont beaucoup plus importants sur les produits issus de l’importation que sur les cultures françaises.

Des pratiques culturales différentes

« Il y a deux groupes de produits », poursuit Nicolas Jaquet, distinguant les pratiques culturales européennes de celles utilisées outre-Atlantique. « Sur le continent américain, il y a deux types d’utilisations importantes du glyphosate, sur les OGM Roundup Ready et comme dessiccant par exemple sur les haricots rouges et les lentilles. ». Avec les échantillons de soja OGM récupérés, la Coordination rurale veut prouver ses affirmations.

« Ce n’est pas nous, les paysans, qui allons faire consommer du glyphosate au consommateur, ce sont les importations », martèle Nicolas Jaquet. « En France, nous ne traitons pas les cultures au glyphosate, nous traitons les mauvaises herbes », complète Bernard Lannes, le président de la Coordination rurale.

Des échantillons récupérés à Lorient

Venus en cars de plusieurs régions (Nord, Sud-Ouest, Centre, Île-de-France), les manifestants sont arrivés au port de Lorient peu avant 8h00. Certains brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Stop au soja OGM », « les OGM, ça nous gène », ou encore « les OGM, on n’en veut pas ».

Ils y ont trouvé des entrepôts de soja cadenassés. « On a réussi à en tirer des échantillons avec un bâton », détaille Nicolas Jaquet. La Coordination rurale a effectué sous contrôle d’huissier des prélèvements de soja importé pour les faire analyser, précise Bernard Lannes.

Réception musclée à Montoir

La suite de la journée s’est déroulée au port de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Sur place, les agriculteurs se sont heurtés à une centaine de dockers qui ont empêché les agriculteurs d’accéder au port. Une délégation a été reçue par les autorités portuaires pour recevoir des papiers sur le soja débarqué sur le port.

D’un point de vue plus général, la Coordination rurale critique le système import/export. « Ceux sont des échanges qui déstructurent toute notre agriculture, explique Nicolas Jaquet. Il faut tendre vers plus d’autonomie protéique et moins d’exportations de céréales qui font descendre les prix. »

T.D., avec l’AFP