« J’ai été personnellement en discussions ces dernières semaines avec le management de Bayer mais aussi avec d’autres au sujet d’options stratégiques alternatives », a déclaré Hugh Grant, le PDG du groupe américain, cité dans un communiqué en marge de la publication des résultats trimestriels.

« Nous reconnaissons la valeur potentielle que ce type de mariages peut créer et qu’ils accélèrent l’innovation et donnent plus de choix aux agriculteurs sur un grand nombre de cultures, dans de nombreuses régions et sur des pratiques agricoles, a-t-il poursuivi. C’est pourquoi nous restons ouverts et continuerons à prendre part à un dialogue constructif [avec Bayer] pour atteindre des options stratégiques garantissant de la valeur. »

Wall Street espère une contre-offre

Le PDG de Monsanto n’a pas donné les noms des groupes avec lesquels son entreprise discute d’« alternatives » au mariage avec Bayer, mais cette information ravissait Wall Street où le titre bondissait de près de 4 % car les investisseurs espèrent une contre-offre, entre autres, de l’autre géant allemand BASF, numéro un mondial de l’agrochimie.

BASF ne peut pas se permettre, se persuadent les analystes, d’être simple observateur du mouvement de consolidation en cours de l’agrochimie mondiale. Hugh Grant n’a pas par ailleurs indiqué si Monsanto allait finalement donner accès à ses livres de comptes et à des informations détaillées sur ses activités à Bayer, qui le réclame depuis des jours.

Des discussions dans l’impasse

Les discussions entre les deux groupes sont en effet dans l’impasse : d’un côté Monsanto demande à Bayer de relever son prix initial, de l’autre le groupe allemand ne veut pas proposer une meilleure dot sans avoir bien évalué l’activité de sa cible. Bayer est prêt à mettre 62 milliards de dollars sur la table pour créer un géant du secteur.

Bayer fait par ailleurs face à un nouvel obstacle : le renchérissement du dollar face à l’euro, faisant suite au vote britannique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit). La hausse du billet vert suggère que le groupe allemand va devoir s’endetter un peu plus qu’il ne le prévoyait s’il veut acquérir Monsanto, avec le risque de voir sa note de solidité financière abaissée par les agences de notation, selon les analystes.

AFP