Selon une étude réalisée par l’institut Ipsos auprès de 904 agriculteurs et d’une dizaine d’experts agricoles, industriels et institutionnels, le retrait du glyphosate couterait 1,06 milliard d’euros à la filière céréalière et 0,9 milliard d’euros à la filière viticole.

Les exportations chutent

Révélé ce 6 septembre 2017, cet impact macroéconomique de près de deux milliards d’euros en cas d’interdiction du glyphosate serait dû à une baisse des rendements, –12 % en céréales et –13 % en vigne, avec à la clé un repli des exportations.

Une non-réhomologation de l’herbicide non-sélectif aurait aussi « un impact direct sur les agriculteurs au niveau de l’organisation du travail, de la rentabilité et des pratiques culturales », selon cette étude réalisée pour la Plateforme Glyphosate (groupe d’entreprises commercialisant l’herbicide).

Ainsi 53 % des agriculteurs interrogés estiment que le retrait aurait un impact sur l’organisation du travail de leur exploitation et 72 % estiment que la rentabilité économique de leur ferme serait impactée.

Les coûts de production en hausse

Autre conséquence : les coûts de production augmenteraient en moyenne de 10 % pour les céréales et de 18 % pour la viticulture. Ce qui engendrerait une perte de rentabilité pouvant aller jusqu’à 33 % pour les exploitations céréalières (revenus issus de la vente de céréales) et 20 % pour les exploitations viticoles.

L’institut Ipsos rappelle que l’usage du glyphosate est « saisonnier » avec 1,2 traitement en moyenne par an et qu’il n’est utilisé que sur 33 % de la surface agricole.

40 % des hectares « très dépendants »

« Au sein des grandes cultures, les agriculteurs en labour (58 % des hectares) sont des utilisateurs ponctuels, précise l’étude, alors que les agriculteurs qui pratiquent des systèmes de cultures dits « simplifiés » (40 % des hectares) sont très dépendants du glyphosate. Quant aux agriculteurs dits innovants, qui pratiquent l’agriculture de conservation des sols (2 % des hectares), ils ne pourraient pas s’en passer. »

Ipsos montre aussi que « la surface moyenne des exploitations a été multipliée par deux en France au cours des vingt dernières années, et plus les surfaces sont importantes, plus l’usage de glyphosate paraît un outil important… »

Les auteurs de l’étude insistent aussi sur le fait qu’il « n’existe pas à l’heure actuelle d’alternatives équivalentes. Une interdiction à court terme engendrerait donc la mise à mal d’un secteur déjà en difficulté. »

I.E.