« On assiste à une inflation grandissante des enquêtes d’organes de contrôle américains contre des produits chinois. La Chine est très inquiète à ce sujet », a déclaré Gao Feng, porte-parole du ministère du Commerce.

La tension monte

Les tensions commerciales s’intensifient entre Pékin et Washington, où le président Donald Trump dénonce le déséquilibre des échanges sino-américains et fustige la politique jugée protectionniste du régime communiste.

Les États-Unis ont adopté le mois dernier des « droits de sauvegarde » sur des panneaux solaires chinois et les grandes machines à laver fabriquées en Chine. D’autres produits (acier, feuilles d’aluminium, bois contreplaqué) sont dans le viseur des autorités américaines.

« Nous espérons travailler avec les États-Unis pour régler de façon appropriée nos différends en matière commerciale […] de sorte que les frictions ne se transforment pas en tempête », a averti Gao Feng, lors d’une conférence de presse.

La Chine se défend de « toute stratégie de représailles »

Les institutions américaines « doivent se garder d’abuser trop fréquemment de ces procédures », lesquelles « ne doivent pas être utilisées à des fins protectionnistes », martèle-t-il. Or, même si elle se défend de toute stratégie de représailles, la Chine semble tentée de répliquer.

Sa cible ? Les exportations agricoles américaines. Pékin a déjà annoncé dimanche l’ouverture d’une enquête antidumping sur le sorgho américain, dont la Chine a importé l’an dernier pour 1 milliard de dollars.

Et selon plusieurs médias, le gouvernement chinois réfléchit à lancer des procédures similaires à l’encontre du soja et du coton américains, après des réunions d’entreprises du secteur déplorant un « dumping » des États-Unis.

14 milliards de dollars

L’enjeu est de taille : la Chine a acheté en 2017 pour 14 milliards de dollars de soja américain. C’est, en montant, le premier produit que le pays asiatique importe des États-Unis. Interrogé sur ces informations de presse, Gao Feng n’a rien démenti.

« Récemment, nous avons eu un forum avec les entreprises commercialisant certains produits agricoles », et celles-ci « ont effectivement évoqué des problèmes dans les échanges sino-américains […], certaines firmes s’inquiétant de l’impact des produits agricoles importés » des États-Unis.

Le porte-parole du ministère du Commerce n’a pas livré de détails, et assure que ces questions agricoles « n’ont aucun lien avec les récentes frictions commerciales » bilatérales. En cas d’escalade des tensions, « on ne peut exclure que Pékin adopte des mesures de rétorsion visant l’agriculture, en particulier le soja », insiste néanmoins Betty Wang, économiste de la banque ANZ.

AFP