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« La filière de l’abricot, un exemple de ce qui ne marche pas »

À une semaine des États-généraux de l’alimentation, la Confédération paysanne s’est rendue à Paris pour sensibiliser consommateurs et pouvoirs publics aux difficultés qui secouent les producteurs d’abricots.

Mardi 11 juillet, sur la place de la République, à Paris, la Confédération paysanne proposait aux passants des abricots à 2,50 €/kg. L’objectif : sensibiliser les consommateurs à la situation des producteurs, et appeler l’interprofession et les pouvoirs publics à désengorger le marché.

Car la campagne s’annonce lourde de disponibilités, et l’offre pléthorique pèse sur le revenu des producteurs. La précocité de la campagne fait que certaines variétés, d’habitude récoltées en décalé, se sont retrouvées en même temps sur le marché. Selon Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, des fruits quittent les exploitations à 50 centimes le kg. « Mais ils arrivent à 3 €/kg sur les lieux de vente, dénonce-t-il. Il y a un rapport de force avec ceux qui mettent sur le marché. Ils imposent des prix. »

« Une politique dévastatrice de prix bas »

Nombre de centrales d’achat profiteraient de ces cours à la peine pour « mener une politique dévastatrice de prix bas à grand renfort de produits espagnols, alors même que la récolte française bat son plein. » La Confédération paysanne assure que la « multiplication des promotions dès le début de la campagne leur a permis d’imposer des prix bas pour le reste de la saison, tout en renflouant leurs marges. »

Le syndicat n’attend pas seulement un redressement des cours. Elle souhaite la protéger par des dispositifs législatifs, qui contraindraient l’aval à acheter les produits à un prix au moins égal à leur prix de revient. D’ailleurs, la Confédération paysanne ne s’arrête pas à l’abricot, et rappelle que ce sont tous les fruits et légumes d’été qui sont mis à mal. « On ne peut pas laisser la filière abricots se libéraliser, comme on a laissé faire d’autres productions », lance Laurent Pinatel.

Hélène ChaligneJournaliste web

« Aboutir à une loi qui protège le revenu des paysans »

Pour la Confédération paysanne, les thématiques proposées par les États-généraux de l’alimentation sont intéressantes. « Il nous semble que toutes nos valeurs peuvent trouver leur place dans les solutions recherchées », assure Laurent Pinatel. Mais ce dernier craint toutefois deux freins : le premier, c’est de savoir jusqu’où le gouvernement est prêt à aller pour aboutir aux solutions. Le second, c’est la volonté ou non d’aboutir à des processus législatifs.

« Pour nous, à l’issu de ces États-généraux de l’alimentation, il faut une loi sur le revenu des paysans. Une loi sur l’organisation des relations commerciales, au sein des contrats laitiers, des contrats entre producteurs de fruits et leurs metteurs sur le marché… Il faut que les organisations de producteurs, les relations commerciales entre tous les acteurs de la filière, et le revenu des paysans, soit encadrés par un texte. »

La Confédération paysanne espère qu’il ressortira de ces États-généraux de l’alimentation des « choses pertinentes ». « Nous voulons pouvoir imaginer que notre position sera celle défendue par la France au niveau de la future Pac, une Pac en faveur de l’agriculture et de l’alimentation. »

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Commenter cet article 1 commentaires
JEAN MARIE AVENEL

Je ne comprend pas pourquoi il y a une loi qui interdit de vendre à perte et qu'elle n'est pas appliquée pour tous les produits agricoles.
Je sais qu'on va me dire que c'est l'offre et la demande qui fait la loi du marché....
Balivernes dirait Mélanchon.....
Et bien il faut légiférer pour se protéger des zones de production à bas coûts parce que les niveaux de vie ne sont pas identiques à travers le monde et que nous sommes encore très loin de parvenir à cette utopie, surtout comme sont réparties les partages des revenus des différents capitaux (financier et travail)

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