« Rarement la conjoncture économique mondiale aura été aussi favorable qu’en 2017 pour les marchés mondiaux des matières premières », a rappelé Philippe Chalmin, professeur d’histoire économique à l’Université Paris-Dauphine, lors de la présentation du rapport CyclOpe dont il est le coauteur.
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« Rarement la conjoncture économique mondiale aura été aussi favorable qu’en 2017 pour les marchés mondiaux des matières premières », a rappelé Philippe Chalmin, professeur d’histoire économique à l’Université Paris-Dauphine, lors de la présentation du rapport CyclOpe dont il est le coauteur.

Avec une croissance économique mondiale frôlant les 4 %, des marchés boursiers atteignant des niveaux de valorisation encore inimaginables il y a quelques années et un rebond du marché des matières premières de l’énergie et des métaux, « rarement le soleil économique aura autant brillé qu’en ces premiers mois de 2018 », a exposé Philippe Chalmin.

Fortes incertitudes géopolitiques

Mais, a-t-il nuancé, « lorsqu’un économiste vous dit que tout va bien, c’est le moment de sortir votre parapluie » ! Et de citer les fortes incertitudes politiques mondiales, exacerbées par Donald Trump aux États-Unis, les tensions géopolitiques, du golfe arabo-persique à la péninsule coréenne, ou encore les guerres civiles sanglantes.

De plus, l’écriture du rapport CyclOpe s’étant terminée en février 2018, d’autres éléments de l’actualité sont venus s’ajouter au décryptage des marchés des matières premières, comme la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, ou la sortie des États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Pour Philippe Chalmin, l’expression « America first » (l’Amérique d’abord) doit désormais se renommer « America alone » (l’Amérique seule). « Le centre de gravité des marchés se déplace vers l’Asie », estime-t-il ; en témoigne l’ouverture récente du premier contrat à terme sur le pétrole à Shanghai.

L’exception agricole

Exception notable, les marchés agricoles n’ont pas profité de ce rebond économique. Pour François Luguenot, responsable de l’analyse des marchés chez InVivo, le seul facteur de rebond des prix agricoles serait une baisse considérable de la production en mer Noire. « En 2016, la France avait perdu 12 millions de tonnes de production de blé, et le marché n’a pas bougé », a-t-il rappelé.

Dans ce contexte, les politiques agricoles des différents pays sont scrutées. En Europe, « avec la disparition des quotas sucriers, la vieille politique agricole commune est bien morte », selon Philippe Chalmin, qui a rappelé que la Pac avait permis pendant des années une régulation des marchés face à la volatilité mondiale des cours. « Le seul pays où le monde agricole ait conservé quelque influence politique se trouve être paradoxalement les États-Unis », relève-t-il. La renégociation en cours du Farm Bill sera donc suivie de près.

A.M.