Présentes à la réunion nationale convoquée par Didier Guillaume le 11 février qui visait à élaborer une « stratégie nationale » pour les protéines végétales, la CR et l’OPG affichent leur mécontentement. Dans un communiqué du 13 février 2019, elles regrettent que la France et surtout la Commission européenne, représentée par Fabien Santini, n&rsquo...
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Présentes à la réunion nationale convoquée par Didier Guillaume le 11 février qui visait à élaborer une « stratégie nationale » pour les protéines végétales, la CR et l’OPG affichent leur mécontentement. Dans un communiqué du 13 février 2019, elles regrettent que la France et surtout la Commission européenne, représentée par Fabien Santini, n’aient pas la volonté de renégocier les accords commerciaux défavorables (1) à l’origine du déficit abyssal de l’Union européenne (UE) en oléoprotéagineux (2).

« Tant que la Commission européenne attachera plus d’importance au respect de ses engagements commerciaux qu’à la souveraineté alimentaire de l’Europe, jamais aucun plan protéines, aussi ambitieux soit-il, ne parviendra à combler un tel retard », déplore Bernard Lannes, le président de la Coordination rurale.

Des protéines européennes trop chères

« Nous préférerions acheter des protéines européennes non OGM mais, sachant qu’elles seront plus chères, nous devrons également protéger les marchés des viandes », souligne Pascal Aubry, responsable de la section porcine de la CR. Véronique Le Floc’h, secrétaire générale de la CR ajoute : « Pour les élevages de ruminants, il faut tendre à l’autonomie protéique des exploitations mais n’oublions pas que ce sont les importations de tourteaux de soja à bas prix qui ont fait disparaître les légumineuses fourragères. »

Nicolas Jaquet, président de l’OPG, pointe un risque de dérive du plan car l’interprofession Terres Univia, « noyautée par le lobby du diester », s’est vue déléguer une partie du travail par le ministre : « Arrêtons de nous faire croire que l’on résoudra le déficit européen en protéines végétales en estérifiant notre colza ou les graines de soja américaines importées, nous sommes presque aussi déficitaires en huiles végétales alimentaires mais là c’est un autre problème de la Pac. »

(1) L’accord du GATT du Dillon Round en 1960-1961 a supprimé toute protection douanière sur le soja et les tourteaux d’oléagineux et celui de Blair House en 1992 a fixé à l’Union européenne un plafond de superficie en oléagineux et en protéagineux à ne pas dépasser.

(2) En 2017, l’Union européenne a importé 20 Mt de graines, 26 Mt de tourteaux et 11 Mt d’huiles (source : FEDIOL) et consommé 48 Mt de graines, 55 Mt de tourteaux et 27 Mt de tonnes d’huiles, soit des déficits de 42 % en graines, 47 % en tourteaux et 41 % en huiles.