Emmanuel Macron s’était engagé en 2017, à « prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans ». Lors des débats sur le projet de loi portant sur l’agriculture et l’alimentation, des députés avaient tenté en vain d’inscrire cet engagement dans la loi.

Un Hémicycle clairsemé

En janvier, le président de la République a finalement affirmé que la France ne parviendrait pas à se passer « à 100 % » du produit en trois ans, au grand dam des ONG environnementales. Il l’a répété depuis, lors du grand débat. Dans un hémicycle clairsemé, la proposition des députés de La France insoumise qui visait à acter l’interdiction en novembre 2020, a fait l’objet d’une motion de renvoi en commission à l’initiative de LREM, après trois heures de débat.

La rapporteure a exhorté le gouvernement « à prendre [ses] responsabilités », lui reprochant d’avoir multiplié « les incantations ». Le ministre de l’Agriculture a reproché aux Insoumis leur « dogmatisme » au lieu de privilégier le « pragmatisme ». « Je reste un militant infatigable de l’agroécologie », mais « faut-il mettre les choses dans la loi » au risque « de mettre à mal quelques dizaines de milliers d’agriculteurs dès demain qui n’auront pas de solution ? »

Une interdiction actée

L’interdiction du glyphosate est « actée d’ici à 2021 » et « il est hors de question de revenir là-dessus », a assuré le député et agriculteur Jean-Baptiste Moreau (LREM), qui a défendu la motion de procédure en dénonçant un texte « idéologique ». À droite, Julien Dive (LR) a reproché aux Insoumis de « mettre la charrue avant les bœufs ». Le centriste Philippe Gomès (UDI-Agir) a lui critiqué un texte « mal ficelé ».

La socialiste Christine Pirès-Beaune a accusé la majorité de refuser le débat. Quant à l’écologiste Matthieu Orphelin (ex-LREM), il a réagi sur Twitter d’un « Nouvelle discussion infructueuse sur la sortie du glyphosate ». Ce député a fait partie des élus, en mai dernier, ayant tenté sans succès d’inscrire l’interdiction de l’herbicide dans la loi, une idée qui ne déplaisait pas au ministre de la transition écologique de l’époque, Nicolas Hulot.

« Le texte sera renvoyé en commission donc non étudié. Dommage ça aurait pu être l’occasion de renforcer le soutien aux agriculteurs et, pour le gouvernement, de proposer un passage par ordonnances si le progrès non suffisants dans 18 mois », a-il ajouté.

AFP