Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Syngenta demande un débat sur « l’agriculture durable »

Après le bouclage de son rachat par ChemChina, le groupe agrochimique suisse Syngenta demande l’ouverture d’un débat sur « l’agriculture durable » face aux polémiques sur les néonicotinoïdes, jugés responsables du déclin des abeilles.

« Il y a beaucoup de discussions portant sur des produits spécifiques mais je pense qu’il est réellement important de faire un pas de côté et d’avoir une vraie discussion avec le gouvernement, les organisations non gouvernementales et des scientifiques sur ce qu’est une agriculture durable », a déclaré à l’AFP le président-directeur général du groupe, Erik Fyrwald, ce mercredi 13 septembre 2017 à Paris.

En accord avec Travert

Erik Fyrwald dit faire sienne la définition de l’agriculture durable énoncée par le ministre français de l’Agriculture, Stéphane Travert : fournir une nourriture en quantité suffisante, à un prix accessible, saine pour les agriculteurs, les consommateurs et l’environnement.

Dans un récent bras de fer avec le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, Stéphane Travert s’était d’ailleurs déclaré ouvert à l’utilisation d’insecticides néonicotinoïdes – dont un est fabriqué par Syngenta – pour protéger les cultures qui ne disposent pas de solution de remplacement en l’état actuel de la science.

Les néonicotinoïdes « peu nocifs » pour les abeilles

Alors que la France a confirmé son interdiction de ces produits à partir de 2018, et que la Commission européenne planche sur le sujet cet automne, il juge « très mineur » l’impact de ces neurotoxiques sur la santé des colonies d’abeilles par rapport à d’autres facteurs, comme le parasite varroa ou une mauvaise météo.

Erik Fyrwald rappelle que son groupe, qui a besoin d’abeilles pour produire des semences, possède 100 000 ruches, dont 10 000 en France. Son miel, produit cette année dans la plaine céréalière de Versailles, est étiqueté Syngenta. « Nous ne voyons pas de déclin des colonies d’abeilles dans les endroits où le thiamétoxame est utilisé par rapport aux endroits où il ne l’est pas », affirme-t-il.

Haro sur les pesticides bio

Au passage, tout en rappelant que Syngenta fabrique aussi des produits phytosanitaires et des engrais pour l’agriculture bio, Erik Fyrwald décoche quelques flèches sur ce secteur qui utilise « plus de terre agricole, plus d’eau et émet plus de gaz à effet de serre par unité alimentaire » que l’agriculture conventionnelle, avec « moins de rendement ». « Pourquoi les ONG ne regardent-elles pas les pesticides bio et ne décident-elles pas ceux qui sont bons et ceux qui sont mauvais ? » interroge-t-il.

Prenant exemple sur le cuivre, largement utilisé dans le bio comme fongicide, Erik Fyrwald poursuit son raisonnement : « Le cuivre est un métal lourd, on en met beaucoup dans le sol. Est-ce que c’est bon pour le sol ? Est-ce que c’est bon pour le consommateur, pour l’agriculteur ? Je ne sais pas mais les régulateurs doivent examiner toutes les technologies proposées et décider lesquelles sont réellement durables. »

De grandes ambitions sur les semences

Après son acquisition par ChemChina, le groupe sino-suisse va désormais constituer le troisième pôle agrochimique du monde derrière les mastodontes en cours de formation Bayer-Monsanto et Dow-Dupont.

Pour se rééquilibrer face au duo de tête, Syngenta se dit « très intéressé par des acquisitions dans le domaine des semences dans le monde entier », notamment « dans le maïs et les semences légumières », selon M. Fyrwald.

Le fabricant prévoit par ailleurs de sortir une nouvelle semence hybride de blé en 2021.

Avec l’AFP
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 1 commentaires
FREDERIC THEPENIER

Je partage l'analyse , il faut en finir avec ces attaques répétées ; on met tout sur la table . Ensuite on choisit une direction et on nous laisse faire proprement notre boulot .

En direct