L’association Phyto-Victimes exprime sa déception, dans un communiqué du 10 janvier 2017, quant à la décision du tribunal de grande instance de débouter Jean-Marie Desdions dans sa procédure contre la firme américaine Monsanto. L’association constate « qu’il est difficile pour une victime de faire condamner un fabricant de produits phytosanitaires, subissant ainsi une double peine : problèmes de santé et financiers ».

Cependant, Phyto-Victimes estime que « cette décision ne remet pas en cause le fait que le produit incriminé soit dangereux, mais simplement que la victime, pour avoir utilisé d’autres produits que le Lasso, ne peut faire le lien entre sa pathologie et l’utilisation massive de ce produit ». L’association précise « qu’étant donné le risque financier, Jean-Marie Desdions réfléchit à la possibilité de faire appel de cette décision ».

Pas de reconnaissance par la MSA

L’association Phyto-Victimes rappelle les faits : « En 2001, Jean-Marie Desdions, agriculteur en grandes cultures (principalement maïs) dans la Région Centre, apprend qu’il est atteint d’un myélome (maladie hématologique : tumeur de la moelle osseuse). Les médecins suspectent très rapidement un lien avec son activité professionnelle et plus spécifiquement, une intoxication au chlorobenzène.

Jean-Marie Desdions a notamment utilisé du Lasso (mélange d’alachlore et de chlorobenzène), un herbicide fabriqué et commercialisé par la société Monsanto. Les médecins l’incitent à demander la reconnaissance en maladie professionnelle, qu’il obtiendra en 2008 par son assurance privée mais jamais par son organisme de sécurité sociale, la Mutualité sociale agricole (MSA). »

En 2011, l’agriculteur décide de poursuivre Monsanto en responsabilité civile pour « défaut d’information sur la dangerosité du produit ». Phyto-Victimes rappelle que « la firme a déjà été condamnée, à deux reprises (en 2012 et en 2015), et reconnue responsable des problèmes de santé de Paul François, céréalier et victime d’une intoxication aiguë au Lasso ».

F.M.