« Il nous paraît urgent d’attirer l’attention sur les risques potentiels pour la santé humaine et l’environnement de l’usage d’une classe de pesticides, les SDHI (1) », annoncent plusieurs scientifiques de l’Inserm, du CNRS, de l’université et de l’Inra dans une tribune publiée le 15 avril 2018 sur le site internet du quotidien Libération.

Les SDHI ne se limitent pas aux champignons

Ces fongicides ont pour but de bloquer l’action de l’enzyme SDH chez les champignons qui contaminent les cultures. Les auteurs de la tribune lui reprochent d’avoir la même action sur l’ensemble des êtres vivants, dont l’homme. Or des perturbations de la SDH peuvent entraîner « la mort de cellule en causant de graves encéphalopathies, ou au contraire une prolifération incontrôlée des cellules et se trouver à l’origine de cancer ».

Les scientifiques expliquent que le dysfonctionnement de l’enzyme SDH entraîne des modifications structurelles de l’ADN plutôt que des mutations. « Et ces modifications, contrairement aux mutations, ne sont pas détectées, ni testées, au cours des tests de toxicité conduits avant la mise sur le marché des pesticides », avancent-ils.

« Estimation des dangers et des risques »

Les auteurs du texte proposent de « suspendre l’utilisation tant qu’une estimation des dangers et des risques n’aura pas été réalisée par des organismes publics indépendants des industriels distribuant ces composés et des agences ayant précédemment donné les autorisations de mise sur le marché des SDHI ».

Contacté par Libération, Gérard Lasfargues, directeur général en charge des affaires scientifiques à l’Anses, indique que « nous n’avons pas à ce stade d’éléments pour les interdire ou les suspendre sur la base d’hypothèses tirées de leur mécanisme d’action ».

T.D.

(1) Inhibiteurs de la succinate déshydrogénase.