« Il est envisagé que le conseil spécifique (substance, parcelles, cible, dose…) conditionne également l’achat de produits phytosanitaires », rappelle la Coordination rurale dans un communiqué publié le 31 décembre. C’est en tout cas ce qui est proposé dans la dernière version de l’ordonnance concernant les conditions de la séparation du conseil et de la vente, présentée aux parties prenantes le 14 novembre.

Passer de médecin à infirmier

Le syndicat regrette un texte qui ferait passer le statut de l’agriculteur de décideur à exécutant.

« Pour prévenir et guérir des maladies ou faire face à des ravageurs, l’agriculteur devra, au préalable, se faire “prescrire” par un conseiller appelé “phytiatre” », commente le syndicat.

« C’est l’essence même du métier d’agriculteur qui est atteinte ! », s’insurge la CR. Elle fait le parallèle avec un médecin qui n’aurait plus le droit de prescrire lui-même les médicaments après avoir examiné le patient, et qui serait ainsi « rétrogradé » au rang d’infirmier.

Éthique et compétence comme garantie

« Jusqu’ici, l’agriculteur engageait sa responsabilité et sa crédibilité vis-à-vis des consommateurs et son éthique alliée à ses compétences était la meilleure garantie et protection. Désormais l’agriculteur pourra être instrumentalisé par des prescripteurs dissociés de l’acte de production et pas forcément compétents », considère la CR.

La CR considère que « le gouvernement cherche à combler les lacunes de la recherche et l’innovation par des moyens coercitifs et liberticides ».

H.P.