Le tout nouveau directeur de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), Roger Genet, a confirmé le report de la publication du rapport de l’étude. En cause, « une note de commentaire rédigée par deux experts du groupe de travail est arrivée après la finalisation du report mais avant sa publication », a-t-il expliqué. Selon lui, cette note est « complémentaire mais ne change pas le rapport sur le fond ».

Attaché à une « traçabilité totale de tous les avis d’experts » et souhaitant « garantir l’intégrité, l’indépendance et la qualité du travail de l’agence », le directeur de l’Agence ne souhaite pas ignorer cette note sous prétexte qu’elle arrive hors délai.

Une situation inédite pour l’Anses

« C’est une situation inédite et nous avons décidé de saisir notre comité de déontologie pour savoir comment nous pouvions procéder dans un tel cas, a ajouté Roger Genet. Je ne veux pas prendre le risque de voir quatre ans de travail remis en cause. »

Pour le comité de déontologie, qui vient juste d’être renouvelé, cette question sera « leur premier chantier », assure le directeur de l’Agence, en espérant que ce soit « une affaire de quelques semaines ».

Les associations environnementalistes s’interrogent

Dans un communiqué diffusé hier, le 22 juin 2016, l’association Phyto-Victimes, Générations Futures, le réseau AMLP (Alerte des médecins sur les pesticides) et WECF (Women in Europe for a Common Future) relataient l’historique des ajournements : « Cela fait maintenant 9 mois que ce rapport aurait dû être présenté aux différentes parties prenantes. Sa diffusion était prévue en octobre, puis en janvier, et finalement le 1er juin pour être encore repoussée au 22 juin. »

Ce retard fait naître des suspicions, d’autant plus que le rapport a déjà été présenté aux ministères de tutelle en mai. Ainsi, les signataires du communiqué « commenc[ent] à [s]’interroger sérieusement sur [l’hypothèse selon laquelle] ce rapport contient des données très sensibles que les pouvoirs publics ne veulent pas mettre entre les mains des parties prenantes ». Ils interpellent la direction de l’Anses et les ministères de tutelle « pour que cette restitution se tienne dans les plus brefs délais ».

A. Cas. avec l’AFP