Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot s’est finalement rendu mardi soir au Salon de l’agriculture, après avoir annoncé qu’il ne s’y rendrait pas. Il y a rencontré, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

Inra et FNSEA au programme

Après une visite du stand de l’Inra, le ministre de la Transition écologique s’est rendu sur le stand de la FNSEA qui lui a présenté son « contrat de solution pour la protection des plantes » recensant 292 pistes pour réduire l’utilisation de l’ensemble des traitements phytosanitaires dans l’agriculture, dont le glyphosate.

« Nicolas Hulot nous a dit : “Votre organisation va dans le bon sens, c’est important que le plus gros syndicat agricole aille dans cette direction, je le dirai et je le mesure” », a raconté Mme Lambert sur Public Sénat mercredi matin. « Il a été écouté, nous avons eu plusieurs échanges sur la recherche, les moyens nécessaires », a-t-elle ajouté, après avoir précisé qu’elle avait été prévenue « une demi-heure avant » de l’arrivée de M. Hulot au salon.

Un travail commencé avant la bataille sur le glyphosate

« Il a reconnu le travail et il a dit : “Nous ne vous aurions pas bousculés il y a trois-quatre mois. Peut-être ne seriez-vous pas allés aussi vite.” Je lui ai répondu que nous avions commencé ce gros travail avant les hostilités sur le glyphosate. […] Nous avons commencé ce gros chantier avec 35 partenaires en juin de l’an dernier. Nous voulions être prêts pour les États-généraux de l’alimentation », clos en décembre dernier, a-t-elle affirmé.

« Zéro phyto ce n’est pas possible, comme le zéro médicament n’est pas possible du tout pour la santé des Français », a-t-elle répété. « Par contre, chaque fois que c’est possible, […] nous allons réduire », a ajouté la responsable.

Selon elle, le recours à des pieds de vigne résistants à l’oïdium et au mildiou permettra de réduire de « 70 % » l’utilisation des produits phytosanitaires dans la viticulture. Mais pour d’autres cultures, il n’y a pas de solution, a-t-elle estimé.

Des cultures toujours sans solution

Mme Lambert, qui a souhaité que les ONG signent ce contrat de solution, a par ailleurs rappelé que le président de la République avait admis par deux fois qu’il faudrait des « dérogations » à l’interdiction de glyphosate sous trois ans pour certaines cultures, pour lesquelles « il n’y a pas de solution ». M. Hulot l’a également reconnu dans le JDD dimanche.

« L’autorisation Europe est pour cinq ans, nous sommes tous au travail, mais sur les vignes en pente ou dans l’agriculture de conservation des sols, même dans cinq ans, dans l’état actuel des connaissances, on ne peut pas dire qu’on aura des solutions. Donc que la recherche travaille, que les techniques avancent, et rendez-vous dans cinq ans », a-t-elle souligné.

AFP