Après s’être intéressée à l’exposition aux pesticides perturbateurs endocriniens (PE) contenus dans les fraises, les salades et les poussières présentes dans les domiciles, l’association a passé au crible le contenu des bols du petit-déjeuner : le müesli.

Un cocktail à base de fongicides

Dans les 15 müeslis non bio analysés, 141 types de pesticides ont été identifiés, dont 81 perturbateurs endocriniens suspectés. Ramené au paquet de müesli, cela correspond à la présence de 6 à 14 résidus de pesticides (9,4 en moyenne). Parmi eux, 5,4 sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, présents à des concentrations « 278 fois plus élevées que la concentration maximale admissible tolérée dans l’eau de boisson ».

Mais, pour une consommation de 50 à 100 g de produit par jour « aucune dose journalière admissible n’apparaît pouvoir être dépassée pour les résidus retrouvés dans les échantillons analysés », peut-on lire dans les résultats de l’étude. Les müeslis bio analysés sont, quant à eux, exempts de tout pesticide.

Parmi les 7 pesticides retrouvés dans plus de 70 % des échantillons, 6 sont des fongicides. Le pyriméthanil est présent dans tous les échantillons de müesli non-bio. Ce top 7 inclut aussi l’iprodione, fongicide classé cancérigène probable en Europe comme aux États-Unis.

Pour une réglementation plus protectrice

À l’occasion de la conférence de presse tenue le 11 octobre 2016 à Paris, François Veillerette, porte-parole de l’association, a indiqué que cette étude servait à « objectiver et montrer ce à quoi on est exposés ». Son inquiétude se porte sur « les cocktails et la nature des cocktails » de perturbateurs endocriniens qui, même s’ils sont présents à de faibles quantités, constituent une « atteinte environnementale ».

Il appelle les politiques à mettre en œuvre une réglementation plus protectrice, considérant que la proposition faite par la Commission européenne en juin dernier est insuffisante.

Les distributeurs interpellés

Générations futures a adressé une lettre aux enseignes de supermarché et marques ciblées dans son étude. L’objectif est de « réfléchir à la manière de faire évoluer positivement la situation », en imposant aux fournisseurs des cahiers des charges plus stricts. A titre d’exemple, le recourt à la ventilation à froid des silos de stockage est évoqué par l’association comme alternative aux insecticides. Selon François Veillerette, ce matin, seul un des distributeurs contactés avait répondu à la sollicitation de Générations futures.

Une étude jugée alarmiste

Dans un communiqué paru le 11 octobre, l’Union des industries de protection des plantes (UIPP) qualifie l’étude de Générations futures de « discours trompeur et anxiogène pour le consommateur » et se dit « préoccupée par la non-prise en compte de la science ». L’UIPP rappelle que le dernier rapport de l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) « indique un taux de conformité aux limites légales [de résidus de pesticides, NDLR] de près de 98 % des échantillons analysés ».

A. Cas.

(1) L’identification des perturbateurs endocriniens potentiels a été faite en se référant à la liste établie par l’ONG américaine The Endocrine Disruption Exchange.