Roger Genet, le directeur général de l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), a justifié ce jeudi 16 novembre 2017, l’autorisation donnée par son agence au sulfoxaflor, pesticide accusé d’être néfaste pour les abeilles, renvoyant la responsabilité de son interdiction éventuelle au gouvernement.

Alternative présentant plus d’avantages que les produits utilisés

Si l’Anses a autorisé le sulfoxaflor en France, « c’est parce que l’évaluation tant pour la santé humaine que dans les conditions d’emploi pour la santé des abeilles, permettait d’utiliser ce produit comme une alternative chimique insecticide qui présentait plus d’avantages que les produits aujourd’hui utilisés. »

De plus, le sulfoxaflor « a fait objet d’une autorisation avec un vote favorable de la France en 2015, précédée d’une consultation publique où toutes les parties prenantes ont pu s’exprimer », rappelle-t-il. Et d’ajouter que l’Anses a « proposé des mesures d’utilisation extrêmement restrictives justement pour les pollinisateurs », comme l’interdiction de l’utiliser cinq jours avant la floraison.

Pour autant, « le gouvernement peut totalement interdire l’usage des insecticides en France, estime Roger Genet. Bien entendu (le sulfoxaflor) pourrait faire l’objet d’une interdiction transversale sur les usages car cette prérogative est celle des ministères. »

L’Anses a autorisé à la fin de septembre le Closer et le Transform, deux insecticides fabriqués par Dow AgroSciences, dont le principe actif est le sulfoxaflor. Face à la fronde des défenseurs de l’environnement contre l’homologation de ces insecticides, le gouvernement a donné trois mois aux autorités sanitaires pour confirmer ou non cette autorisation après examen de « nouvelles données ».

Plus des questions techniques mais sociétales

Roger Genet reconnaît que les produits phytopharmaceutiques dont l’Anses doit décider de la mise sur les marchés, ou non, « ne sont plus des questions techniques mais sociétales ». Et il espère à l’avenir « accroître le dialogue avec les parties prenantes » et créer avec eux « un espace de dialogue ».

« On parle beaucoup du glyphosate et c’est normal car c’est le produit phytosanitaire le plus utilisé au monde mais, en termes de dangerosité, il y a encore sur le marché des produits vendus avec des niveaux de dangerosité bien supérieurs et qui me préoccupent en premier lieu », indique-t-il également.

Interrogé sur le fonctionnement de l’institut fédéral allemand d’évaluation des risques et l’Autorité européenne de sécurité des aliments, qui a donné son feu vert à l’autorisation du glyphosate, Roger Genet déclare qu’il ne lui « appartient pas de commenter l’organisation du BFR ou de l’Efsa ».

Mais il précise qu’« en France, au travers de crises sanitaires que nous avons vécues depuis 20 ans, la prise de conscience de la nécessaire indépendance de l’expertise fait que nous sommes mieux préparés et mieux protégé par rapport à ce problème, même si on ne peut jamais l’être » totalement car « on n’est jamais à l’abri d’avoir un expert qui ne déclare pas tout ».

AFP