Alors que le projet de loi sur la biodiversité revient en seconde lecture au Sénat à partir du 2 mai 2016, la question de l’interdiction des néonicotinoïdes refait évidemment surface. Dans un communiqué de presse daté du 28 avril, les producteurs français de blé, orge et autres céréales à paille (AGPB) demandent aux sénateurs de ne pas suivre la position des députés. Ces derniers ont voté en mars dernier à une courte majorité l’interdiction à partir du 1er septembre 2018 des insecticides de la famille des néonicotinoïdes, « y compris les semences traitées avec ces produits ».

L’AGPB demande aux sénateurs de revenir au texte qu’ils avaient adopté en première lecture, selon lequel le ministre de l’Agriculture devait définir « les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires contenant des substances actives de la famille des néonicotinoïdes ».

Des pertes potentielles de rendement

« Sur les quelque 7 millions d’hectares (70 000 km²) de blé et d’orge cultivés en France, 30 %, 2,1 Mha sont ensemencés en grains enrobés de produits contenant l’une des molécules de la famille des néonicotinoïdes, l’imidaclopride », précise l’AGPB. Selon elle, les pertes de rendement évitées s’élèvent en moyenne pour la jaunisse nanisante à 2,5 tonnes par hectare sur l’orge (plus de 30 %) et à 1,6 tonne sur le blé (21 %). L’intérêt de l’enrobage de semences est également élevé dans la lutte contre les cicadelles et la maladie des pieds chétifs.

« Il est certes possible de lutter également contre ces maladies en pulvérisant des insecticides foliaires sur les cultures lorsqu’elles sont en végétation. Mais la mise en œuvre est plus compliquée et les résultats plus aléatoires. Par ailleurs, plusieurs interventions successives sont nécessaires quand les conditions climatiques restent favorables aux insectes, ce qui ne va pas dans le sens de la réduction d’utilisation des produits phytosanitaires », estime le syndicat.

Pour finir, l’AGPB estime que l’interdiction en France des néonicotinoïdes ne peut que pénaliser les producteurs de céréales français par rapport à leurs concurrents européens et internationaux, non soumis à pareille mesure.