Dans un communiqué de presse diffusé ce 6 mars 2018, l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS) rappelle qu’en cas d’interdiction des néonicotinoïdes les pertes potentielles en rendement sont considérables pouvant aller jusqu’à 50 % dans certaines régions.

En attendant les alternatives

C’est la raison pour laquelle, cette filière espère être entendue et bénéficier d’une dérogation dans le temps, afin que des recherches de solutions alternatives nouvelles puissent aboutir. Elle livre également sa lecture des récents rapports de l’Efsa et de l’Anses au sujet des néonicotinoïdes.

« L’Anses confirme qu’il n’existe pas à l’heure actuelle d’alternatives équivalentes aux néonicotinoïdes en termes d’efficacité, de durabilité, d’opérationnalité et de praticité pour lutter contre les pucerons vecteurs de la jaunisse virale », estime l’AIBS.

Selon l’AIBS, « l’Efsa confirme que l’usage des néonicotinoïdes sur la betterave sucrière, plante récoltée avant floraison et non attractive pour l’ensemble des insectes pollinisateurs, ne présente pas de risques avérés pour ceux-ci. »

Sur la défensive

Planteurs de betteraves et fabricants de sucre prennent acte du risque potentiel identifié par l’Efsa pour les pollinisateurs visitant une culture succédant, dans la rotation, à une betterave, quand cette dernière a bénéficié d’un traitement néonicotinoïdes en enrobage de semences, mais rappellent que la culture suivante est une céréale dans 94 % des situations, plante elle-même non attractive pour les pollinisateurs.

« La spécificité de la betterave est également partagée par le commissaire européen Phil Hogan qui l’a exprimé le 28 février devant le Parlement européen au cours des débats sur l’apiculture, au cours duquel un amendement visant à l’interdiction totale des néonicotinoïdes a été repoussé en plénière », insiste l’AIBS.