Deux rapports défavorables au blé

Selon ce rapport, les stocks américains de blé devraient s’établir à 1,09 milliard de boisseaux en fin de campagne. C’est au-dessus des attentes des professionnels du marché qui tablaient sur 1,07 milliard de boisseaux. Les prévisions pour les stocks mondiaux ont également été revues nettement à la hausse, à 276 millions de tonnes, soit davantage que les anticipations.

La Bourse de Chicago a immédiatement réagi à ce rapport, avec une baisse des cours du blé. « Ce rapport est assez négatif pour le cours du blé », a résumé Dax Wedemeyer, de US Commodities. Un autre rapport de l’USDA, publié lundi, a ajouté à cette tendance en dévoilant une amélioration de l’état des cultures de blé d’hiver aux États-Unis.

Les stocks de maïs prennent aussi de l’embonpoint

Concernant le maïs, la révision à la hausse des stocks est assez spectaculaire, passant de 308,5 millions à 314 millions de tonnes (Mt). Cette envolée s’explique principalement par une révision à la hausse de la production, chez les gros exportateurs comme l’Argentine (47 Mt, +1 Mt) et le Brésil (96 Mt, +1,5 Mt).

Conséquence, les États-Unis, premier exportateur mondial (58,4 Mt), voient leurs stocks augmenter de 5 Mt (51,7 Mt), en raison d’exportations et d’une consommation intérieure en baisse. L’utilisation de maïs pour la production d’éthanol a également été moindre, selon un analyste.

Le maïs séduit les fabricants d’aliments

L’Union européenne voit sa production de maïs augmenter, mais également ses importations (22,5 Mt, +1 Mt), à la faveur d’une consommation du bétail en hausse. « Il y a eu un vrai différentiel de prix entre le maïs et le blé en début de campagne, le maïs a vraiment trouvé sa place sur le marché européen », commentait Gautier Le Molgat, analyste au cabinet Agritel. Il était cependant sceptique sur ce chiffre d’importation européen.

Le maïs clôturait néanmoins en très légère hausse, sur Euronext, restant à des niveaux de prix très en deçà de ceux du blé. Le blé était en recul sur les échéances lointaines, mais en progression sur l’échéance rapprochée de mai, compte tenu de la forte activité dans les ports français.

Ce succès du maïs d’importation en Europe, qui a grandement profité à l’Ukraine, explique une nette baisse d’une année sur l’autre de la consommation intérieure de blé pour l’alimentation du bétail sur le continent, encore révisée à la baisse à 51 Mt (–1,5 Mt par rapport au mois dernier), contre 58 Mt l’an dernier.

Toutefois, une augmentation des exportations compense partiellement cette évolution et limite la hausse des stocks, anecdotique dans l’Union européenne. Elle est plus significative aux États-Unis (29,5 Mt, +800 000 tonnes) et surtout au Moyen-Orient (+2,3 Mt) où la production est revue à la hausse (14,6 Mt, +2 Mt), sans plus de précisions.

Statu quo pour le soja

Enfin, le soja connaît une situation de statu quo : la production mondiale n’évolue pas ou très peu, comme les stocks, à 107,3 Mt. « Tout est en ligne avec ce qui était attendu », commentait Gautier Le Molgat, qui souligne que le stock brésilien (25,4 Mt, +1,7 Mt), mêle s’il augmente un peu, reste inférieur à l’année dernière.

AFP
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