D’après l’étude néerlandaise diffusée ce 5 septembre 2017, la production mondiale de légumineuses (haricots, pois, lentilles, fèves, etc.) dépasserait les 80 millions de tonnes en 2017, soit le double d’il y a trente ans. La production a augmenté dans la majorité des principaux pays producteurs, en Inde (22 Mt), au Canada (8 Mt) et en Birmanie (6 Mt).

Un marché très fragmenté et sous pression

Le haricot représenterait à lui seul près de 33 % de la production mondiale de légumineuses, suivi par le pois chiche (17 %) et le pois sec (16 %). « Le marché des légumineuses est très fragmenté, du fait du grand nombre d’espèces existantes, ayant chacune des caractéristiques spécifiques », explique Stefan Vogel de Rabobank.

Selon ce dernier, « l’offre peut rapidement dépasser la demande dans le cas de prix élevés (et donc de plantations augmentées), tandis que les problèmes de rendement liés aux conditions météorologiques dans un pays producteur clé peuvent générer des prix à la hausse ».

À titre d’exemple, les prix des légumineuses ont connu une forte volatilité ces deux dernières années. En raison d’une baisse des approvisionnements due à des conditions de sécheresse en Inde, les prix étaient relativement hauts en 2015-2016. Ainsi, les producteurs ont pu bénéficier d’une nette amélioration de leurs marges durant deux saisons.

Au contraire, en 2016-2017, la production mondiale a connu une forte reprise du fait de très bons rendements et d’une augmentation des surfaces de production, faisant ainsi pression sur les prix. Malgré cet effondrement des cours, les producteurs n’ont pas réduit la superficie cultivée de légumineuses pour la saison 2017-2018, partie pour être une nouvelle année record.

Une consommation stimulée par l’alimentation humaine

L’Inde joue un rôle déterminant dans l’évolution du marché mondial, étant à la fois producteur (25 % de la production mondiale) et consommateur (30 % de l’utilisation mondiale) de légumineuses. « La forte demande du pays et la prévision d’augmentation des besoins continueront de bénéficier aux principaux pays exportateurs comme le Canada (pour le pois sec et la lentille), l’Australie (pour le pois chiche), et la Birmanie (pour le haricot) », estime la Rabobank.

Dans les pays développés, la consommation de légumineuses pour l’alimentation humaine serait là aussi en hausse : 40 % contre 20 % il y a trente ans. Une des raisons qui expliquerait cette hausse est la plus forte demande en produits à base de sources protéiques d’origine non animale, indique l’étude.

« Pour autant, les légumineuses ne représentent qu’une faible part de la protéine utilisée dans les substituts de viande ; les protéines de soja, de blé, d’œuf et de produits laitiers étant majoritaires », rapporte la Rabobank, estimant ainsi qu’en 2025, les légumineuses dans ces produits devraient représenter seulement 2 % de toutes les légumineuses consommées à l’échelle mondiale.

M.S.
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