Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a revu à la hausse ses prévisions de production mondiale de blé par rapport au mois dernier. Il a, en particulier, fortement révisé la production des origines mer Noire (Russie, Ukraine, Kazakhstan), plus importante que jamais.

La Russie bat son propre record de production de blé

Dans son dernier rapport, paru hier, le 10 août 2017, l’USDA augmente sa prévision de production mondiale de blé de plus de 5 millions de tonnes (Mt) à 743,2 Mt. Principale raison de cette modification : les chiffres de la mer Noire et notamment de la Russie, dont la production est réévaluée à 77,5 Mt, soit 5,5 Mt de plus que le mois dernier et 5 Mt de plus que l’an dernier, année déjà record. De quoi permettre à la Russie de conforter son statut de premier exportateur mondial de blé.

La tendance est la même pour les voisins d’Ukraine et du Kazakhstan, dont les volumes de production sont également revus sensiblement à la hausse par rapport au mois dernier, à 26,5 Mt (+2,5) et 14 Mt (+1). La production européenne, estimée à 150 Mt le mois dernier, pèserait désormais 149,6 Mt.

Stock élevé, prix déprimé

Conséquence, malgré un fort repli confirmé de la production américaine par rapport à l’an dernier (47,3 Mt contre 62,8 Mt lors de la campagne passée), les prévisions de stocks de fin de campagne s’envolent, à 264,7 Mt contre 260,6 Mt le mois dernier. Ce qui laisse présager des cours toujours plus déprimés.

De nombreux observateurs se veulent optimistes quant à la possibilité pour la France de regagner des parts de marché à l’exportation de blé, avec une récolte bien meilleure en volume et en qualité cette année. Mais « tant que les Russes sont là, il y aura de la concurrence sur les prix et sur les marchés », estime Gautier Le Molgat, analyste au cabinet Agritel. En outre, le marché américain est « plus élevé que ce qu’on pouvait attendre », d’où un risque encore accru de voir les prix repartir à la baisse.

Production de soja record aux États-Unis

Autre culture dont les prévisions de stocks sont considérablement revues à la hausse, le soja, qui voit ses disponibilités de fin de campagne revues à 97,7 Mt (contre 93,5 le mois dernier). Ceci tient à deux éléments :

  • À la réévaluation de la prévision de production de plus de 3 Mt aux États-Unis à 119,2 Mt, notamment à cause de perspectives de rendement augmentées. Ceci constitue un record et n’était pas attendu compte tenu de la météo changeante de juillet, et a surpris le marché. Au niveau global, la production 2017-2018 est à ce jour estimée à 347,3 Mt par l’USDA, contre 345,1 le mois dernier (voir ci-dessous).
  • À la révision à la hausse des stocks de début de campagne de gros producteurs comme le Brésil et l’Argentine.

La hausse des estimations de stocks survient alors que, globalement, « on s’attendait à raffermir les stocks mondiaux », selon Gautier Le Molgat. En conséquence, les cours du colza sur Euronext ont intégré ces éléments et subi une belle chute en fin de séance, jeudi, perdant 3,25 et 4 € sur les échéances de novembre et février.

Rendements de maïs à la baisse aux États-Unis

En ce qui concerne le maïs, en revanche, pas de grande modification : le stock mondial reste rigoureusement identique à la prévision présentée le mois dernier, en dépit de rendements légèrement révisés à la baisse aux États-Unis. Compte tenu des aléas météorologiques de juillet, le marché avait anticipé une dégradation plus importante du potentiel des maïs états-uniens.

La production mondiale de maïs grain est ainsi évaluée à 1 033 Mt (contre 1 037 Mt en juillet 2017).

A. Cas. avec l’AFP