De nombreuses régions viticoles ont été touchées, en particulier « la Champagne, la Bourgogne, le Val de Loire, ainsi que le Languedoc-Roussillon » par des températures qui sont descendues jusqu’à – 6 °C par endroits, indique le syndicaliste.

Les grappes commencent à se former

« La situation est vraiment délicate, car ces gels touchent des grappes qui commençaient à se constituer et risquent donc de griller et de mourir », détaille Jérôme Despey. Les arboriculteurs, maraîchers et horticulteurs ont également été touchés par le gel.

« Il est néanmoins encore trop tôt pour évaluer l’impact sur la récolte », ajoute-t-il, regrettant le faible niveau d’assurance des producteurs viticoles en France. « Sur quelque 800 000 hectares de vigne, seulement 15 % sont assurés » contre les intempéries, estime-t-il.

«Cela fait deux nuits que je suis debout à minuit, explique Stéphane Aufrère, vigneron à Fleys, dans la région de Chablis. On surveille les températures, parcelle par parcelle, et on allume les bougies dès que le thermomètre affiche zéro degré un jour humide, et -2,5 degrés un jour sec.»

Dans le Jura, Jean-Charles Tissot, le président du Comité interprofessionnel des vins de Jura (CIVJ) estime que certaines parcelles ont été touchées à 100% et d’autres pas du tout dans la nuit de mercredi. La récolte 2017 «sera largement affectée» selon lui, «on pourrait approcher les 40-50% de dégâts», détaille-t-il.

De plus en plus d’aléas climatiques

« C’est dommage, car nous avons de plus en plus d’aléas climatiques d’année en année, qui peuvent mettre en péril nombre d’exploitations », ajoute Jérôme Despey, en rappelant que le fonds des calamités agricoles financé par l’État ne peut être activé qu’en cas de « perte de fonds », mais pas en cas de baisse de récolte.

« Les températures minimales devraient se relever de quelques degrés la nuit prochaine, mais les risques de gel perdurent jusqu’à samedi au moins », a prévenu le responsable. L’an dernier, des épisodes de gel printanier et de grêle ont touché certains crus de la Bourgogne et du Val-de-Loire.

AFP