Les prix s’affichent en hausse cette semaine, soutenus par les baisses de surfaces en colza, les ventes à l’exportation en orge, les prix des origines US en maïs et en blé.
Contenu réservé aux abonnés de La France Agricole
pour vous connecter et poursuivre la lecture
5%

Vous avez parcouru 5% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant d’1 mois de découverte à La France Agricole
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez les 2 newsletters
  • > Recevez 4 numéros chez vous
J'en profite !

Les prix s’affichent en hausse cette semaine, soutenus par les baisses de surfaces en colza, les ventes à l’exportation en orge, les prix des origines US en maïs et en blé.

Rebond en blé

Les cours du blé sont repartis en nette hausse cette semaine sur le marché physique, gagnant 6 €/t à Rouen (à 199,25 €/t), 5 €/t en Moselle (à 192 €/t). Sur Euronext, en revanche, la cotation de décembre 2018 est restée très stable, proche de 200 €/t.

Cette évolution des prix français en euros se traduit par une hausse de 3 $/t environ du blé français sur le marché mondial (à 236 $/t Fob Rouen). Les prix français ont ainsi évolué cette semaine de la même manière que les prix US, soutenus par le retard des semis d’hiver aux USA, à 235 $/t Fob pour le blé US HRW (de bonne qualité meunière) alors que les blés argentins, qui restent de loin les moins chers, gagnaient encore plus (5 $/t). En revanche, statu quo pour les blés russes qui ne bougent plus guère (à 224 $/t Fob pour les blés à 12 % de protéines) et disparition des cotations de blé ukrainien.

Ces constatations de prix illustrent plusieurs points importants : tout d’abord, les blés ukrainiens, déjà largement vendus, sont sans doute en train de s’épuiser. Pour l’UE, cela signifie que les importations de blé fourrager ukrainien, dans le cadre du quota sans droit qui va s’ouvrir au 1er janvier, pourraient être plus faibles que prévu il y a encore quelques semaines.

Une compétition toujours forte malgré tout

Les blés russes, quant à eux, n’ont pas suivi les autres à la hausse car leur compétitivité s’était dégradée au cours des semaines passées. Du coup, ils regagnent en compétitivité cette semaine et maintiennent ainsi leur suprématie sur le marché mondial. Pour l’UE et la France, cela signifie que le potentiel de hausse des prix pourrait rester modéré tant que les disponibilités russes ne sont pas épuisées.

Les pluies de la fin d’octobre et du début de novembre ont été bénéfiques en Europe de l’Ouest et du Nord (le sud-est de l’UE est très sec en revanche). En conséquence, les semis se déroulent correctement et les hausses de surfaces sont en train de se concrétiser.

L’orge fourragère repart

Les orges fourragères ont suivi aussi une orientation haussière cette semaine. Elles ont gagné entre 4 à 5 €/t à Rouen et en Moselle (à 202,5 €/t et 195 €/t respectivement).

Les orges ont été influencées par le blé d’une part ; le prix de l’orge fourragère a aussi été influencé par le gros achat de l’Arabie Saoudite de plus de 1 million de tonnes en tout début de la semaine. Ces achats de l’Arabie sont conformes à l’ampleur des besoins que nous estimons pour ce pays où, malgré des prix élevés et la volonté affichée du gouvernement de diversifier les matières premières importées, les utilisations d’orge ont du mal à baisser beaucoup. L’Arabie est le principal importateur d’orge sur le marché mondial. Ce gros achat a conduit l’USDA à revoir à la hausse sa prévision des importations annuelles saoudiennes pour prendre en compte justement un besoin assez inélastique.

Par ailleurs, au sein de l’UE, les productions officielles sont légèrement plus basses que prévu au Royaume-Uni et en Espagne.

Sur le segment brassicole, les prix sont restés quasi stables pour les orges de printemps (à 224 €/t Fob Creil) et ont gagné 2 €/t pour les orges d’hiver (à 212 €/t), tirés par la hausse des prix fourragers. Récemment, Malteurs de France a publié les résultats de son enquête qualitative qui indique une très bonne qualité, en orge d’hiver notamment. Ils n’ont pas affecté les prix de cette semaine mais ils expliquent sûrement le fait que les primes brassicoles françaises (différence entre prix brassicoles et fourragers) sont restées comprimées à un niveau assez bas depuis plusieurs semaines.

Le maïs à la hausse sous l’effet des révisions US

Le maïs affiche la même orientation haussière cette semaine que les autres céréales à 174 €/t Fob Rhin (+3 €/t) et 168 €/t rendu La Pallice (+4 €/t).

Cette hausse s’explique en partie par l’évolution des prix du blé mais surtout par le soubresaut des prix sur le marché mondial que ce soit pour l’origine ukrainienne (+2 $/t) que les origines US (+4 $/t) ou sud-américaines (+7 $/t pour le Brésil et +11 $/t pour l’Argentine).

Étant donné que l’UE est extrêmement tributaire cette année des importations en provenance de ces pays, toute hausse chez ces derniers vient rapidement affecter les prix européens. La progression du marché mondial résulte en grande partie de la révision en baisse des rendements US que l’USDA vient de publier dans son rapport mensuel sur l’offre et la demande. Dans ce même rapport, l’USDA a en revanche revu à la hausse la production et les stocks mondiaux de maïs. Néanmoins, cette révision n’a guère affecté les prix car elle concerne la Chine essentiellement.

Un autre élément a, en revanche, inquiété les opérateurs cette semaine et explique sans doute la plus forte montée des prix sud-américains que des prix US : il s’agit de la présence de mycotoxines dans les maïs US. Si l’ampleur de cette infestation est élevée, cela viendra accroître la demande adressée à l’Amérique du Sud.

Le colza français s’envole au contraire du canola canadien

Les cours du colza affichent une forte hausse cette semaine malgré la tendance baissière du complexe soja et des huiles. Le colza gagne ainsi 9,5 €/t en Fob Moselle (à 377,5 €/t) et 7 €/t en rendu Rouen (à 368 €/t). Sur Euronext, les prix, qui ont suivi la hausse du soja à la fin de la semaine dernière, sont en légère baisse de 1 €/t cette semaine.

Les dernières pluies demeurent insuffisantes pour compenser le déficit hydrique. La France a connu un été exceptionnellement chaud et sec. Les mauvaises conditions climatiques ont perduré jusqu’au début d’octobre, ce qui a fortement impacté l’état des cultures. La Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (Fop) prévoit désormais une baisse de 30 à 35 % des surfaces de colza en raison du fort déficit hydrique.

Par ailleurs, deux annonces cette semaine ont certainement été perçues comme haussières, même si leur répercussion ne concernera que le moyen terme. Il s’agit d’une part de la proposition de la Fédération Française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C) d’incorporer de l’huile de colza dans le fuel domestique ; d’autre part, le groupe Avril a annoncé le lancement d’Oleo 100 (un carburant 100 % végétal, à base d’huile de colza).

Au Canada, la récolte du canola est quasi achevée. Nous prévoyons la production canadienne à 21,5 millions de tonnes, légèrement inférieure à celle de la campagne précédente mais au-dessus de la moyenne quinquennale. Le canola cède 7 $/t cette semaine sous la pression de la récolte et des importantes livraisons des producteurs locaux. D’autre part, les exportations réalisées au mois de septembre sont en baisse par rapport à celles de 2017, notamment à destination de la Chine et du Japon. La lourdeur du bilan mondial de soja, les prix très faibles d’huile de palme et la baisse des cours du pétrole pèsent également sur les cours du canola.

Tournesol en léger rebond

Le prix du tournesol à Saint-Nazaire enregistre une légère hausse de 2 €/t, à 312 €/t, cette semaine soutenu par une bonne demande intérieure et des marges de trituration toujours attractives. En mer Noire en revanche, les cours sont repartis à la baisse cette semaine (-3,5 $/t) sous la pression du volume record récolté et du repli des cours des huiles.

La lourdeur du bilan de soja s’accentue

Le tweet optimiste posté par Trump le 1er novembre sur une possible résolution du conflit commercial des US avec la Chine a apporté un support aux cours du soja américain à la fin de semaine dernière. Ce rebond a été progressivement gommé durant la semaine dans l’attente du rapport mensuel publié hier soir par l’USDA (secrétariat à l’Agriculture américain). Les prix du soja américain s’affichent donc quasi stables sur la semaine (+0,5 $/t) à Chicago. La récolte US était avancée à 83 % au 4 novembre.

Dans son rapport paru hier, l’USDA a révisé à la baisse la production US de 2,5 millions de tonnes et les exportations en recul de 4,35 millions de tonnes (conséquence de la baisse des importations chinoises), ce qui entraîne une remontée des stocks prévus à la fin de la campagne par rapport au mois précédent. Le bilan mondial du soja s’alourdit ainsi encore plus. Cela devrait peser sur les cours dans les prochains jours, avant la rencontre prévue de Trump et Xi à la fin du mois, qui pourrait apporter de nouveaux soubresauts sur les marchés des oléagineux.

Les tourteaux de soja refluent

Après le rebond enregistré la semaine dernière, les tourteaux de soja ont fluctué au cours de cette semaine et finissent par perdre 8 $/t à Chicago avec un faible dynamisme de vente. À Montoir, les prix suivent ceux de Chicago et cèdent 4 €/t à 339 €/t. La baisse est toutefois atténuée par une demande locale soutenue et par les difficultés de livraison en raison des basses eaux sur les fleuves de l’Europe centrale.

A SUIVRE : évolution des prix et des disponibilités russes en blé, de la récolte US de maïs, du climat en Europe (colza), négociations commerciales US-Chine (soja), fin des récoltes en mer Noire (tournesol), cours du pétrole.

Tallage
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Le blé à la baisse sur le marché européen

Les prix du blé restaient orientés à la baisse ce 18 avril 2019, au milieu de la journée sur le marché européen, malgré la stabilisation de l’euro face au dollar.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le palme tire le colza européen à la hausse

Les prix du colza évoluaient à la hausse ce 18 avril 2019 en milieu d’après-midi, à la suite d’un rebond des cours du palme.
Votre analyse quotidienne du marché - Protéagineux

Stabilité du pois

Le prix du pois n’a pas varié pas depuis une semaine. Pour la seconde semaine consécutive…