Le mouvement de baisse s’est poursuivi cette semaine sur le marché des céréales, plaçant les blés français en bonne position en termes de compétitivité. Les nouveaux achats qui se dessinent pourraient venir stopper cette chute des prix.
Contenu réservé aux abonnés de La France Agricole
pour vous connecter et poursuivre la lecture
5%

Vous avez parcouru 5% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant d’1 mois de découverte à La France Agricole
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez les 2 newsletters
  • > Recevez 4 numéros chez vous
J'en profite !

Le mouvement de baisse s’est poursuivi cette semaine sur le marché des céréales, plaçant les blés français en bonne position en termes de compétitivité. Les nouveaux achats qui se dessinent pourraient venir stopper cette chute des prix.

La France bien placée pour l’Égypte

L’Égypte a lancé un nouvel appel d’offres hier soir mais, à l’heure d’écrire ces lignes, le résultat de cet appel n’est pas encore connu. La meilleure offre en termes de prix Fob (prix au départ du pays d’origine) se situe à 235 $/t pour du blé américain de type SRW, blé de qualité meunière moyenne. Les blés français, quant à eux, ont été offerts à des prix plus élevés, compris entre 245 et 249 $/t Fob.

Toutefois, étant donné l’avantage géographique dont bénéficie la France par rapport aux États-Unis en termes de coût de transport vers l’Égypte, avantage d’environ 15 $/t, il apparaît que les bateaux français offerts à près de 245 $/t Fob ont une chance de passer. Ce niveau de 245 $/t Fob pour les blés français est supérieur de 10 $/t au prix actuel du marché français pour les autres destinations : cela s’explique par la prime que rajoutent les opérateurs pour les ventes à l’Égypte afin de se couvrir contre plusieurs risques, comme des difficultés de paiement ou le refus d’un bateau sur la base de critères qualitatifs arbitraires.

Un autre enseignement peut être tiré dès maintenant des propositions faites à l’Égypte : les blés français et américains sont les moins chers. La Roumanie et l’Ukraine viennent juste derrière mais la Russie semble avoir abandonné la bataille cette fois-ci. En effet, elle propose ses blés entre 253 et 255 $/t Fob, ce qui ne devrait pas lui permettre de remporter la mise. Ce positionnement russe est intéressant à prendre en compte car il indique que la Russie ne semble pas prête à faire d’effort, en tout cas en ce moment, même pour garder son débouché égyptien.

Cette situation est donc favorable aux exportations de la France. Euronext l’entérine aujourd’hui en remontant de 1,25 €/t sur l’échéance de mars 2019, à 203,25 €/t en début d’après-midi, après sa chute d’hier. Rendu Rouen, les blés français valent cette semaine 197 €/t, en base juillet, après avoir abandonné 3 €/t cette semaine.

Des perspectives de récolte favorables pour 2019

Cette baisse alors que les blés français sont devenus très compétitifs apparaît assez surprenante. Elle s’explique probablement par l’influence de Chicago et la morosité sur le marché américain en cette fin de semaine à cause des grandes incertitudes concernant l’issue du différend entre les États-Unis et la Chine. Par ailleurs, même avec sa compétitivité, la France va quand même terminer la campagne avec des stocks confortables : la publication des bilans FranceAgriMer cette semaine est venue le rappeler.

Les perspectives pour la récolte de 2019 restent bonnes à l’échelle mondiale mais il ne pleut pas beaucoup au Maroc. Cela n’est pas un problème pour le moment car la végétation est dans un bel état après les pluies hivernales, mais ce sera un élément à surveiller de près.

L’orge encore plus bas

L’effondrement continue pour les orges fourragères qui ont perdu 8 €/t à Rouen cette semaine à 180 €/t (base : juillet). La Moselle a suivi, –5 €/t (à 180 €/t aussi), et cette baisse s’est reportée, mais dans une moindre mesure, sur les prix brassicoles qui ont abandonné 1 €/t que ce soit pour les variétés d’hiver (à 187 €/t Fob Creil, base juillet) et les variétés de printemps (à 195 €/t). En deux semaines, l’orge fourragère française a perdu 13 €/t et vaut maintenant moins de 220 $/t Fob sur le marché mondial, soit 15 $/t de moins que les orges de la mer Noire.

C’est le manque de débouché à l’exportation avec la réfaction des achats chinois et le fait que l’Arabie repousse encore ses achats qui expliquent cette situation. Comme pour le blé, les bilans de FranceAgriMer sont venus rappeler que la France risque de finir la campagne avec des stocks élevés. Pourtant, les stocks d’orge mondiaux sont bas et l’Union européenne, dont la France, devra être sollicitée pour tout achat conséquent à venir.

Le maïs suit le mouvement

Le maïs n’échappe à la tendance générale de la semaine : son prix perd presque 5 €/t Fob Rhin, à 169 €/t base juillet, et 2 €/t à La Pallice, à 174,75 €/t, dans un environnement marqué par des nouvelles plutôt baissières : notamment les inquiétudes quant aux discussions entre la Chine et les États-Unis, de larges quantités de maïs encore à vendre au départ de l’Ukraine, le retour des précipitations au Brésil et donc de conditions favorables pour les semis de la seconde récolte de maïs.

Dans ce pays, la récolte de soja s’est effectuée très rapidement, grâce au temps sec qui a précédé, si bien que les semis de la seconde récolte de maïs peuvent commencer très tôt, ce qui s’annonce favorable pour les rendements. Comme lors des semaines précédentes, les importations continuent bon train et cela vient concurrencer fortement les maïs français à destination des autres pays de l’Union européenne.

Le colza n’est soutenu que par la parité euro-dollar

Sur le marché mondial, le prix du canola à Vancouver recule de presque 3 $US/t sur la semaine, pénalisé par la récente publication des stocks canadiens à la fin de décembre 2018. Ceux-ci s’avèrent supérieurs à ceux de 2017 à la même date, et ceci malgré une baisse de la récolte en 2018. La faiblesse de la demande internationale est la raison de cette augmentation des volumes disponibles, et ce point ne devrait pas s’améliorer à court terme.

En effet, le différend politique entre la Chine et le Canada, faisant suite à l’arrestation d’une dirigeante de Huawei sur le territoire canadien pour une extradition vers les États-Unis, semble avoir un effet direct sur le commerce entre ces deux pays. Très peu d’achats de canola canadien ont été enregistrés depuis cette arrestation, et les déchargements de bateaux de canola canadien dans les ports chinois enregistrent des retards très importants. La Chine étant le principal acheteur de canola canadien, cet incident risque de peser lourd sur les prix mondiaux sur les prochains mois.

Exprimés en dollars américains, les prix français chutent encore plus fortement cette semaine, de 4 à 5 $/t selon les places. En effet, à la fin de la semaine dernière, l’Union européenne et l’Argentine sont tombées d’accord sur la mise en place d’une taxe de 6,5 % sur le biodiesel argentin importé dans l’Union européenne, bien moins que les 25 % au minimum suggérés dans l’enquête conduite par la Commission européenne en 2018 sur des pratiques de subventions illégales.

L’accord devrait entrer rapidement en vigueur et sera valable cinq ans. Il prévoit que les ventes soient faites à un prix minimal de vente, et sur un volume maximal de 1,2 million de tonnes (Mt) par an à̀ destination de l’Union européenne. Cela pénalisera ainsi la production européenne à base d’huile de colza, et limitera les besoins en colza de l’industrie de la trituration sur les prochaines années. Toutefois, avec la hausse de la parité euro-dollar, le colza sur le marché français rebondit de 0,5 à 1,5 €/t sur la semaine.

Léger repli du soja

Le soja est grimpé sur le marché de Chicago jusqu’à mercredi, faisant suite à de nouveaux achats de sojas américains par les opérateurs chinois. En effet, vendredi dernier, le vice-Premier ministre chinois a annoncé la volonté de son pays d’acheter 5 Mt de soja en plus des volumes déjà achetés en décembre et janvier. Cette annonce s’est rapidement concrétisée, et les volumes acquis s’élevaient probablement à presque 4 Mt au milieu de la semaine.

Toutefois, la hausse des prix n’a pas été spectaculaire (+3 $/t entre le 1er et le 6 février) et a été rapidement effacée hier, jeudi 7 février, faisant suite à l’annonce par les deux parties que les négociations piétinaient sur de nombreux dossiers, et que les deux dirigeants des pays concernés ne se reverraient pas avant le 1er mars, date de la fin de la trêve instaurée sur l’application de taxes supplémentaires à l’importation. Finalement, le prix du soja à Chicago perd presque 1 $/t sur la semaine sur les échéances de mars et mai 2019.

Le prix du tourteau de soja américain recule aussi, de 5 $/t, pénalisé par des offres concurrentes en provenance de l’’Argentine plus nombreuses, à mesure que la situation du soja argentin se stabilise. Selon la Bourse de Buenos Aires, l’état des cultures est actuellement correct, bon à excellent pour 92,3 % des surfaces, contre 45,7 % seulement l’an dernier à la même date. Le temps sec des derniers jours a permis de normaliser la situation, après une période trop humide pour les plants de soja en début de cycle.

À Montoir, le prix du tourteau de soja remonte, quant à lui, de 2 €/t entre le 31 janvier et le 7 février, uniquement grâce à l’évolution de la parité euro/dollar.

Le jeu des monnaies empêche le prix du tournesol de reculer

Le prix du tournesol est stable en euro rendu Saint-Nazaire mais sa valeur en dollars américains est en baisse. Il est pénalisé par la chute des prix des autres graines oléagineuses. Dans la zone de la mer Noire, les prix du tournesol sont au contraire en hausse de 2,5 $/t Fob dans les ports avec une demande dynamique, notamment en provenance de la Turquie, et un rebond du prix de l’huile de tournesol. En Argentine, la récolte atteint presque 35 % des surfaces semées.

Tallage

À suivre : agressivité ou non de la Russie à destination de l’Égypte, climat au Maroc, importations de maïs dans l’Union européenne, appel d’offres saoudien en orge, évolution des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine, évolution des exportations américaines de soja, climat en Argentine (soja), climat en Europe et dans la zone de la mer Noire (colza)

Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Le blé à la baisse sur le marché européen

Les prix du blé restaient orientés à la baisse ce 18 avril 2019, au milieu de la journée sur le marché européen, malgré la stabilisation de l’euro face au dollar.
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le palme tire le colza européen à la hausse

Les prix du colza évoluaient à la hausse ce 18 avril 2019 en milieu d’après-midi, à la suite d’un rebond des cours du palme.
Votre analyse quotidienne du marché - Protéagineux

Stabilité du pois

Le prix du pois n’a pas varié pas depuis une semaine. Pour la seconde semaine consécutive…