Encore plus haut ! Les mêmes raisons que celles décrites les semaines passées, continuent de pousser les prix du blé plus haut encore : une récolte très décevante en France et au Royaume-Uni, un effondrement des rendements en Allemagne, en Scandinavie et dans les pays baltes. Les prix français ont gagné presque 13 €/t sur Euronext à 212 €/t pour l’échéance septembre (vendredi aprè...
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Encore plus haut ! Les mêmes raisons que celles décrites les semaines passées, continuent de pousser les prix du blé plus haut encore : une récolte très décevante en France et au Royaume-Uni, un effondrement des rendements en Allemagne, en Scandinavie et dans les pays baltes. Les prix français ont gagné presque 13 €/t sur Euronext à 212 €/t pour l’échéance septembre (vendredi après midi) et 10 €/t à Rouen (à 215,5 €/t).

L’inquiétude monte en blé

Hors de l’Union européenne, les inquiétudes montent encore en Australie où la situation reste très sèche dans l’est. En mer Noire, le volume de la récolte n’est pas encore connu avec certitude. Il faudra attendre la fin de l’été et de la moisson en Sibérie. Pour l’instant, nous maintenons une prévision pour la Russie proche de 70 millions de tonnes, soit 15 millions de tonnes en mois par rapport à l’an dernier.

Dans ce pays, les pluies des dernières semaines ont retardé la moisson dans le centre et fortement dégradé la qualité si bien que l’écart de prix entre les blés meuniers et les blés fourragers s’accroît : de 15 $/t la semaine dernière à 25 $/t maintenant.

En Ukraine, une fausse rumeur divulguée sur les réseaux sociaux laissait entendre hier, le 2 août, que ce pays pourrait limiter ses exportations. Cela a fait trembler les marchés avec une forte hausse des prix sur Chicago et Euronext avant une retombée en fin de journée. Euronext a gagné 12 €/t dans la journée avant d’en reperdre 7.

En fait, chaque année, le gouvernement et les exportateurs ukrainiens se mettent d’accord sur un objectif d’exportations et cette discussion est en cours. Mais il n’est pas du tout question, et le ministre de l’agriculture ukrainien l’a confirmé ce matin, de limiter drastiquement les exportations du pays.

Une nécessaire augmentation des exportations américaines

Nos prévisions d’un bilan mondial du blé très tendu se confirment et les prévisions de stocks pour l’été 2019 viennent encore de se dégrader. L’enjeu pour les importateurs va consister maintenant à acheter des blés de bonne qualité meunière aux États-Unis (blé HRW) en quantité nettement supérieure à ce qui s’est passé l’an dernier.

Or, ces blés américains, à 253 $/t Fob, ne sont pas encore très compétitifs par rapport aux blés meuniers russes (235 $/t) ou aux blés meuniers allemands, situés quasiment au même niveau de 253 $/t, mais bénéficiant d’un avantage de coût de transport sur le pourtour méditerranéen. Les farmers américains n’ont qu’à attendre que les prix des autres origines montent à leur niveau !

Dans ce contexte de tension, l’Égypte a acheté 240 000 tonnes de blé russe et roumain cette semaine à un prix supérieur de presque 20 $/t à celui du dernier achat de fin juillet. L’Algérie, elle, vient d’acheter 360 000 tonnes au moins à un prix proche de 270 $/t à destination. Les origines ne sont pas connues mais, vu les prix pratiqués, cet achat pourrait être couvert par des blés allemands ou français.

Toujours plus haut en orge

Les prix des orges fourragères ont poursuivi leur hausse cette semaine avec des gains de 8 €/t à Rouen (à 212,5 €/t) et en Moselle (à 209,5 €/t). La progression a été plus modeste pour les orges brassicoles avec un gain de 2 à 3 €/t seulement à 206 €/t pour les orges d’hiver à Creil et 237 €/t pour les orges de printemps.

Les orges fourragères ont suivi le blé mais la croissance de leur prix reflète aussi l’extrême tension du bilan mondial de l’orge. Nous prévoyons des stocks au plus bas, à un niveau jamais atteint par rapport à la consommation. Cette situation pourrait conduire à réduire les utilisations au profit du maïs notamment.

Toutefois, pour certains pays, cette réduction est lente. C’est le cas de l’Arabie où les utilisations d’orge restent assez fortes : c’est la matière première principale utilisée pour l’alimentation animale dans ce pays malgré la volonté du gouvernement de les réduire. Cette envolée des prix fourragers devrait continuer à tirer les prix brassicoles.

De fortes importations de maïs en vue dans l’Union européenne

Après les gains importants de la semaine dernière, les prix du maïs ont progressé de 8 à 9 €/t en nouvelle campagne et de 4 à 9 €/t en ancienne. Le maïs Fob Rhin se retrouve ainsi à 188 €/t Fob pour la récolte 2018 et le Fob Bordeaux se rapproche des 200 €/t (à 196 €/t). Cette hausse française est à mettre au crédit de la dégradation des perspectives de récolte en Europe de l’Ouest.

En effet, le maïs continue de souffrir en France du temps chaud et sec. Toutefois, les prévisions de récolte sont en train d’être révisées à la hausse dans le sud-est européen grâce à l’effet positif des pluies du mois de juillet.

Sur le marché mondial, les cotations restent assez stables : + 2 $/t seulement pour les maïs ukrainiens et les maïs brésiliens et + 4 $/t pour les maïs américains. Ces derniers sont en bon état pour l’instant et le marché mondial du maïs reste caractérisé par une production qui devrait remonter en 2018-2019, en Amérique du Sud notamment.

L’offre importante devra répondre à une demande animale en hausse, beaucoup de demande, attribuée au blé précédemment, étant en train de basculer vers du maïs. Néanmoins, les disponibilités mondiales s’annoncent fortes et devraient permettre à l’Union européenne d’importer de gros volumes, ce qui devrait venir compenser tout problème de récolte.

En colza, l’envolée des prix se poursuit

Les cours du colza sont de nouveau soutenus par les pertes de récolte en Europe, mais aussi par les inquiétudes dans d’autres régions du monde. Le prix du colza progresse de 13 €/t en Fob Moselle et Rendu Rouen. Sur Euronext, la hausse est d’environ 12 €/t. Au fur et à mesure de l’avancement de la récolte européenne, la médiocrité des rendements se confirme.

En France, Terres Inovia estime les rendements du colza à 3,1 t/ha contre 3,8 t/ha l’an dernier. En Australie, le temps sec pénalise les cultures de canola. Des pluies significatives sont nécessaires en août pour enrayer la chute des rendements. Enfin, en Inde, la mousson pourrait être finalement inférieure à la normale sur la fin de l’été, ce qui pourrait entraîner des pertes de récolte pour les cultures oléagineuses.

Seules les conditions climatiques canadiennes semblent actuellement satisfaisantes pour les cultures de canola. L’Europe compte d’ailleurs sur les volumes canadiens pour combler une partie de son manque de disponibilité en colza local.

Le soja américain remonte également sur la semaine. Les marchandises états-uniennes sont très compétitives sur les destinations autres que la Chine, et rencontrent donc une forte demande sur le marché mondial. Le temps sec commence aussi à inquiéter les opérateurs, mais il est encore trop tôt pour en mesurer l’impact. Pour le moment, l’USDA, le ministère américain de l’Agriculture, estime que 70 % des plants sont encore dans un état bon à excellent (59 % l’an dernier à la même date).

Les différends commerciaux entre les États-Unis et la Chine ne semblent pas près de se résoudre. Alors que les deux pays avaient rouvert les négociations en début de semaine, le Président Trump a annoncé la mise en place de nouvelles taxes sur les marchandises chinoises. La taxe chinoise sur les importations de soja américain pourrait donc rester en place encore quelque temps.

Après un long épisode de stabilité, le prix de tournesol gagne 10 €/t à 335 €/t cette semaine à Saint-Nazaire, soutenu par la hausse du colza et par l’impact prévu de la sécheresse sur le potentiel de rendement, notamment dans le Nord-Est. Les premières récoltes débuteront mi-août en France. Les conditions climatiques sont correctes en Espagne et en Italie, la météo est également favorable pour les tournesols en mer Noire.

Stabilité des protéines

Les cours des tourteaux de soja n’ont pas suivi la hausse des prix de la graine. Ils sont stables sur le marché à terme de Chicago. De même à Montoir, la cotation du tourteau progresse de seulement 1 €/t depuis la semaine dernière. Les bonnes disponibilités en tourteaux de soja sur le marché européen limitent la hausse des prix.

Le prix du pois est stable à 200 €/t.

Tallage

À suivre : estimation de la récolte russe de blé, évolution des prix américain du blé, climat en Australie et au Canada (colza et blé), conditions de cultures aux États-Unis (soja, maïs)

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