Les prix ont été plutôt soutenus sur le marché mondial cette semaine en raison du retour aux achats de plusieurs pays importateurs. Ainsi, l’Égypte vient d’acheter 415 000 tonnes de blé russe et l’Algérie, 550 000 tonnes de blé d’origine optionnelle. Taïwan a acheté plus de 100 000 tonnes de blé américain et la Jordanie a lancé un appel d’offres pour 120 000 tonnes...
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Les prix ont été plutôt soutenus sur le marché mondial cette semaine en raison du retour aux achats de plusieurs pays importateurs. Ainsi, l’Égypte vient d’acheter 415 000 tonnes de blé russe et l’Algérie, 550 000 tonnes de blé d’origine optionnelle. Taïwan a acheté plus de 100 000 tonnes de blé américain et la Jordanie a lancé un appel d’offres pour 120 000 tonnes de blé.

Dans ce contexte, les blés argentins et les blés russes ont gagné 2 $/t, à 240 $/t, et les blés américains HRW (bonne qualité meunière) 4 $/t, à 234 $/t Fob. Ce courant porteur n’a pas profité aux blés français qui sont restés stables en dollar, à 241 $/t Fob, et qui ont dû céder du terrain en euro : –3 €/t à Rouen cette semaine, à 198,75 €/t, et –1 €/t, à 205,75 €/t, sur l’échéance de mars 2019 d’Euronext.

L’euro plombe les blés français

Les blés français ont été pénalisés par la nette remontée de l’euro face au dollar. Ils ont aussi subi le contrecoup des achats égyptiens et algériens. L’attractivité de l’origine russe lors de l’achat égyptien est venue rappeler qu’il faut attendre encore avant de voir cette origine perdre des parts de marché. Certes, l’Égypte est une destination privilégiée de la Russie, qui fera tout pour la servir, mais il avait semblé que la Russie commençait à céder du terrain fin décembre.

L’Algérie, quant à elle, a payé 10 $/t de plus que lors de son achat précédent de la fin novembre. Cela reflète la montée générale des prix qui a commencé à se mettre en place. Les blés français étaient bien positionnés et ont probablement remporté une partie de l’appel d’offres. Malgré cela, les résultats ont été perçus comme baissiers car la France est talonnée de près par les blés américains et argentins.

L’effet sur les prix du « rationnement » des disponibilités russes se fait attendre. Des rumeurs mentionnaient aujourd’hui l’imposition de quotas d’exportations par le gouvernement aux principaux exportateurs russes mais, pour l’instant, c’est la compétition entre toutes les origines ayant peu exporté en première moitié de campagne qui domine la scène.

L’orge en forte baisse

La baisse est encore plus marquée cette semaine pour l’orge fourragère qui perd 6 €/t, à 195,25 €/t rendu Rouen. Nous soulignions la semaine dernière que l’orge française se retrouvait légèrement plus chère que l’orge ukrainienne sur le marché mondial. Cela a finalement tiré les prix français à la baisse, dans un contexte peu animé.

Sur le segment brassicole, les cotations sont réapparues, en légère baisse de 2 €/t par rapport aux prix d’il y a quinze jours pour les orges de printemps, à 209 €/t Fob Creil. La prime entre les orges de printemps et d’hiver est extrêmement faible (5 €/t seulement) en raison d’une plus grande utilisation des orges d’hiver que d’habitude.

Le maïs toujours comprimé

Le maïs, en ce qui le concerne, est resté stable, à 175 €/t Fob Rhin ou 180 €/t Fob Bordeaux. Sur le marché mondial, les prix se sont légèrement raffermis dans l’espoir d’achats possibles de maïs américains par la Chine qui vient d’autoriser de nouvelles variétés OGM à l’importation. Les prix européens n’ont pas suivi, toujours comprimés par des importations très élevées : les importateurs européens se sont jetés sur le quota de maïs ukrainien importable à droit zéro qui s’est ouvert au 1er janvier.

Même si ce quota ne présente guère d’intérêt par rapport aux importations classiques, qui se font actuellement à droit zéro aussi, il apporte tout de même de la sécurité aux opérateurs, sûrs de ne pas payer de droits alors que ce risque est toujours possible avec les importations classiques en fonction de l’évolution de l’écart entre les prix mondiaux et les prix européens.

Le soja recule

Le soja américain a continué de progresser au début de la semaine soutenu par l’espoir des opérateurs d’une résolution du conflit commercial entre la Chine et les États-Unis. Les cours ont ainsi gagné environ 4 $/t entre vendredi et mercredi. Néanmoins, les résultats des négociations qui ont duré 3 jours ont été jugés décevants par les acteurs du marché. Aucune progression concrète n’a été annoncée par l’une ou l’autre partie. La situation reste donc floue, d’autant plus que le ministère de l’agriculture américain ne publiera pas son rapport hebdomadaire du 11 janvier en raison du shutdown.

D’autre part, le Conab a communiqué hier, le 10 janvier, sa nouvelle prévision de récolte de soja. Celle-ci a été revue en baisse de presque 2 Mt, à 118,3 Mt en raison d’un temps excessivement sec ces dernières semaines, une baisse moins importante qu’attendu. Notons qu’il existe encore des incertitudes concernant l’impact de cette sécheresse sur les rendements potentiels du soja brésilien.

Ces deux éléments ont conduit les cours à enregistrer ce jeudi leur plus grande chute en une journée depuis plus de six semaines : –6 $/t. Le soja finit donc la semaine avec une baisse de 2 $/t, à 329 $/t à Chicago. Les cours pourraient reculer davantage dans les prochains jours en cas d’absence d’avancées concrètes des négociations sino-américaines ou d’un retour des pluies au Brésil. Au contraire, l’absence de précipitations chez ce producteur majeur de soja ferait grimper les prix rapidement, les deux prochaines semaines étant clefs dans l’élaboration du rendement dans plusieurs régions du Brésil.

Le tourteau français rebondit néanmoins

Les tourteaux de soja sont stables sur le marché de Chicago à 345 $/t malgré la tendance haussière au début de la semaine, en raison d’une chute constatée jeudi (–7 $/t) faisant suite au recul de la graine. À Montoir, les tourteaux de soja ont gagné 10 €/t, à 342 €/t, en une semaine dans le sillage des cotations sud-américaines qui sont elles-mêmes soutenues par les faibles réserves de fève en Argentine et au Brésil.

Le colza français en légère hausse

Le colza français a suivi la tendance du marché mondial depuis la semaine dernière. Au début les cours ont été soutenus par la hausse du soja et du pétrole. Les cours de l’or noir ont progressé de 11,7 % depuis la semaine dernière suite à une nouvelle réduction des pays de l’Opep de leur production.

Ensuite, les gains réalisés au début de la semaine ont été partiellement compensés par le recul des cours dans le sillage du soja, mais aussi avec le renforcement de l’euro face au dollar américain pénalisant l’attractivité des origines européennes sur la scène mondiale. À cela se rajoute le recul des cours d’huile de palme à la suite de la publication du MPOB (Malaysian Palm Oil Board) montrant des stocks malaisiens d’huile de palme en hausse de près de 7 % entre novembre et décembre à 3,2 Mt, un niveau beaucoup plus élevé qu’attendu.

Enfin, un autre élément baissier : le lancement par la Commission européenne d’une procédure autorisant l’utilisation du soja américain dans le biocarburant européen. Cette mesure, une fois adoptée, devrait soutenir les importations d’huile de soja américain, ou de soja américain pour la trituration.

Tout compte fait, le colza français gagne 1 €/t, à 365 €/t en Rendu Rouen ; 1,5 €/t, à 368,5 €/t en Fob Moselle, et près de 2 €/t, à 363,5 €/t sur Euronext. Au Canada, les cours du canola ont perdu 9 $ CAN/t, recul nécessaire pour garder une certaine attractivité à l’exportation à la suite du raffermissement du dollar canadien face au dollar américain.

Situation contrastée en tournesol

Soutenu par une demande européenne dynamique et des marges de trituration intéressantes, le tournesol français gagne du terrain cette semaine : son prix est en hausse de 5 €/t, à 305 €/t à Saint Nazaire. Néanmoins, en Ukraine, les cours n’ont pas résisté à la pression des fortes disponibilités locales. Ils cèdent 10 $/t, à 332,5 $/t après cinq semaines de stabilité. Par ailleurs, la récolte a commencé en Argentine où 14,5 % des 1,9 Mha semés ont été récoltés selon la Bolsa de Cereales.

Tallage

À suivre : comportement des exportateurs de blé en Russie, qualité du blé argentin, récolte de tournesol en Argentine, sécheresse au Brésil, évolutions des cours du pétrole et de l’huile de palme, négociations sino-américaines.

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