La récolte de blé dans l’UE va nettement chuter par rapport à celle de l’an dernier. Ce n’est plus une surprise et nous en avons déjà parlé lors des semaines précédentes mais la situation s’est de nouveau dégradée. Nous estimons maintenant la récolte de blé tendre à 132,4 millions de tonnes (soit 140,7 millions de tonnes une fois le blé dur inclus). Cela repré...
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La récolte de blé UE perd 10 millions de tonnes

La récolte de blé dans l’UE va nettement chuter par rapport à celle de l’an dernier. Ce n’est plus une surprise et nous en avons déjà parlé lors des semaines précédentes mais la situation s’est de nouveau dégradée. Nous estimons maintenant la récolte de blé tendre à 132,4 millions de tonnes (soit 140,7 millions de tonnes une fois le blé dur inclus). Cela représente une chute de quasi 10 millions de tonnes (–7 %) par rapport à 2017, les principales régressions concernant la France, l’Allemagne, la Scandinavie et les pays baltes, la Pologne et le sud-est de l’UE (Bulgarie et Roumanie). Cette semaine, la fédération des coopératives allemandes a de nouveau revu son estimation à la baisse et la situation s’est dégradée aussi au Royaume-Uni à cause d’un temps trop sec.

Dans sa publication mensuelle d’hier soir sur l’offre et la demande mondiale, le ministère de l’Agriculture US (USDA) entérine cette chute mais reste encore timide (–6 millions de tonnes seulement) et devra probablement encore revoir son chiffre à la baisse.

En France, la récolte est avancée à 20 % environ mais tout reste à faire en Allemagne et au Royaume-Uni. Dans le sud-est de l’UE, les opérations de récolte sont plus lentes que d’habitude à cause des pluies qui interrompent le travail tous les 2 ou 3 jours. Néanmoins, la moisson y est bien avancée et la qualité se confirme comme très dégradée.

La baisse des stocks mondiaux au grand jour

En Russie, le ministère de l’Agriculture a publié ce matin une estimation très basse de la récolte (par rapport à l’an dernier), à 64 millions de tonnes, mais ce chiffre est encore assez controversé. L’USDA, de son côté, a réduit la récolte russe hier soir à 67 millions de tonnes (contre 68,5 auparavant) mais les autres estimations se situent plutôt proches de 70 millions de tonnes pour ce grand pays producteur.

L’ensemble de ces évolutions vient conforter la réduction des stocks attendue pour l’été 2019 et, le fait que l’USDA commence à la refléter nettement, a fait monter les prix du blé à Chicago hier soir.

Des éléments modérateurs toutefois pour les prix du blé cette semaine

Sur la semaine, les cotations des blés US se sont affaissées (–3 $/t pour les blés meuniers SRW de moyenne qualité à 210 $/t Fob et –15 $/t pour les blés HRW de plus haute qualité à 218 $/t), sensibles aux bonnes conditions de développement des blés de printemps dans le nord du pays et à la révision en hausse par l’USDA de l’estimation des surfaces semées. Les blés russes ont légèrement baissés (–2 $/t, à 200 $/t Fob mer Noire), l’arrivée des blés dans les ports nécessitant leur dégagement.

En France, malgré l’effondrement de la récolte européenne, les prix se sont plutôt affaissés aussi (–5 à 7 €/t rendu Rouen et La Pallice à respectivement 174 €/t et 179,5 €/t, à 21 $/t Fob). Ils restent supérieurs de 10 €/t à ceux d’il y a quinze jours mais ont lâché du lest récemment faisant suite à une estimation assez conservatrice de la récolte par le ministère de l’Agriculture français (à 36,1 millions de tonnes), un niveau nettement supérieur à celui que nous retenons actuellement (33,2 millions de tonnes). Les blés européens restent toutefois nettement plus chers que les blés russes, ce qui a conduit l’Égypte à acheter 175 000 tonnes de blé russe cette semaine après un achat de 200 000 tonnes par la Syrie en provenance de la Roumanie, la Bulgarie ou la Russie.

L’orge fourragère s’affaisse pour un temps

Les prix de l’orge fourragère se sont affaissés aussi sur le marché français cette semaine (–1 €/t à Rouen, à 173 €/t, et –5 €/t Fob Moselle, à 161,5 €/t). Cette évolution a été dictée par la baisse du prix du blé et par le fait que les orges françaises, après la hausse de la semaine dernière, s’étaient complétement déconnectées du marché mondial, grimpant à +15 $/t au-dessus des orges russes et ukrainiennes. L’écart se réduit donc cette semaine à seulement 10 $/t (206 $/t Fob Rouen pour les valeurs françaises et 196 $/t pour la mer Noire qui, elles, ont gagné plus de 3 $/t cette semaine).

Le très gros achat de l’Arabie cette semaine (1,7 million de tonnes) a probablement contribué à cette hausse des prix de la mer Noire. Par ailleurs, la situation mondiale des orges fourragères s’annonce de plus en plus tendue pour la campagne qui commence.

La récolte de l’UE ne va pas s’accroître comme attendu encore il y a quelques semaines à cause de la sécheresse en Allemagne, au Royaume-Uni et dans le nord de l’UE et du fait également des résultats décevants en orge d’hiver enregistrés en France. Nous estimons maintenant la récolte d’orge de l’UE à 59,6 millions de tonnes, quasi stable par rapport à celle de 2017 et en baisse de 3 millions de tonnes par rapport à ce qui était prévu en juin.

La récolte d’orge est prévue en hausse au Canada et en Australie mais, comme pour l’UE, elle va chuter en Russie et en Ukraine. Au total, la production mondiale va s’accroître, mais très modestement, alors que les besoins saoudiens et chinois (ces derniers encouragés par la taxation des importations de sorgho US) demeurent amples. En conséquence, les perspectives demeurent haussières pour le prix des orges fourragères malgré l’affaissement momentané actuel des prix.

Des primes de plus en plus élevées en brasserie

Sur le segment brassicole, les prix de Sebastian (orge de printemps) se maintiennent cette semaine à 220 €/t à Creil et ceux de l’orge d’hiver grimpe légèrement de 1 €/t, à 181 €/t. Les primes entre prix brassicoles et prix fourragers atteignent maintenant 55 €/t en orge de printemps et 15 €/t en orge d’hiver. Elles reflètent la forte dégradation des récoltes scandinaves et du centre de l’UE depuis un mois ainsi que les déboires des orges françaises d’hier (mauvais calibrage). Déjà élevées, ces primes n’ont plus guère de potentiel de hausse, mais les prix brassicoles devraient rester tirés par ceux des orges fourragères.

Les prix du maïs sous influence mondiale

Que ce soit sur le marché mondial ou dans l’UE, les prix du maïs ont chuté cette semaine de 1 à 2 $/t pour les valeurs US, ukrainiennes et sud-américaines, de 1 à 5 €/t sur le marché européen (–1 €/t, à 159 €/t Fob Rhin et –3,5 €/t à La Pallice, à 154,5 €/t).

Cela reflète la situation aux USA où les perspectives de récolte de 2018 sont revues à la hausse. L’USDA, dans sa publication mensuelle de jeudi soir, a relevé son estimation de 5 millions de tonnes (à 361,5 millions de tonnes), un niveau qui se rapproche des 370 millions de tonnes engrangées en 2017. Par ailleurs, les prévisions de température sont revues à la baisse pour les prochaines semaines aux USA et cela est accueilli comme un facteur très positif, en pleine phase de pollinisation.

Pour le sud-est de l’Europe, les pluies – néfaste pour les céréales à paille – sont au contraire très favorables pour la croissance du maïs. Hormis le retard de semis dans le Sud-Ouest français et donc une chute de la récolte attendue en France, la récolte de 2018 dans l’UE (60,6 millions de tonnes) reste prévue en hausse de 1,2 million de tonnes par rapport à celle de l’an dernier.

Malgré cette récolte en légère hausse, l’Europe aura toutefois encore besoin d’importer de larges quantités de maïs des pays tiers (plus de 17 millions de tonnes). En conséquence, les prix européens vont rester très largement influencés par ceux des pays tiers d’où leur évolution parallèle, sans grand potentiel de hausse à court terme si les conditions ne se détériorent pas dans l’hémisphère Nord.

Le soja aurait-il touché le fond ?

Après une tentative de rebond au cours de la semaine, le prix du soja replonge finalement à son niveau le plus bas depuis une dizaine d’années (305 $/t sur le marché de Chicago).

Le rapport mensuel du ministère de l’Agriculture américain (USDA) sorti ce jeudi présente, pour la première fois, les conséquences de la guerre commerciale initiée par le président Trump, sur le marché mondial du soja.

Pour la campagne de 2018-19 aux USA, les exportations sont révisées en forte baisse, alors qu’inversement les stocks de fin de campagne sont révisés en forte hausse pour atteindre un record historique. D’autre part, le bilan mondial de soja s’alourdit fortement en raison d’une révision en hausse de la production de soja aux USA ainsi qu’au Brésil, en Argentine et en Chine, où la consommation est aussi revue en baisse en prévision d’une demande morose de la part du secteur porcin et d’une substitution partielle de la consommation de soja par d’autres matières aux prix plus attractifs.

Cette situation était en réalité déjà largement prise en compte par les opérateurs la semaine dernière et le soja à Chicago ne recule finalement que de 2 $/t sur le rapproché comme en nouvelle campagne. La publication phare du marché a maintenant confirmé la lourdeur du bilan de soja, et on peut s’attendre à ce que les cotations aient trouvé une limite basse. Le tourteau de soja gagne un peu de terrain de son côté (+8 €/t à Montoir) du fait d’une demande conséquente pour ces niveaux de prix et d’une situation mondiale semblant tout juste équilibrée en ancienne comme en nouvelle campagne. En pois, les cotations sont inchangées.

Le colza subit le contexte baissier en palme

Le prix du colza perd du terrain cette semaine (–6 €/t, à 339 €/t rendu Rouen) malgré des révisions conséquentes de la récolte européenne, avec notamment un recul de 0,7 Mt de la récolte de colza en Allemagne selon l’association locale des producteurs de colza et un recul de 0,8 Mt de la récolte française selon FranceAgriMer. Il subit en particulier l’influence de l’huile de palme, dont le prix a atteint son niveau le plus bas en pratiquement trois ans en raison de la conjonction de stocks élevés en Indonésie, d’exportations décevantes au départ de la Malaisie et de craintes de ralentissement de la demande mondiale.

Sur la semaine, le colza recule d’environ 4 €/t sur le marché physique (rendu Rouen, Fob Moselle), comme sur Euronext. Au Canada, le prix du canola est aussi plombé par la morosité du marché du soja, sur le plan domestique comme chez son voisin nord-américain. Il perd 10 $/t sur la semaine.

En tournesol, les cotations à Saint-Nazaire restent inchangées d’une semaine à l’autre à 325 €/t. Les conditions de culture sont plutôt bonnes en France. En Ukraine, les conditions climatiques se sont améliorées, les dernières pluies devraient être bénéfiques au tournesol.

En revanche, en Russie, le déficit hydrique perdure et les rendements seront bientôt sévèrement menacés en l’absence de précipitations.

À SUIVRE : climat et résultats des récoltes dans l’hémisphère nord (blé/orge/colza/tournesol/soja), développement du maïs

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