Le blé, l’orge et le maïs voient leur prix s’affaisser cette semaine, avec en toile de fond des perspectives de production correctes dans l’Union européenne, de fortes importations de maïs et des exportations de blé en baisse vers les pays tiers.
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Le blé, l’orge et le maïs voient leur prix s’affaisser cette semaine, avec en toile de fond des perspectives de production correctes dans l’Union européenne, de fortes importations de maïs et des exportations de blé en baisse vers les pays tiers.

La mer Noire se démarque

La semaine dernière, les prix du blé avaient grimpé pour la plupart des origines mondiales mais chuté pour la France. Cette semaine, ce n’est plus la France mais la mer Noire qui se démarque : les blés ukrainiens se sont appréciés de 4 $/t et les blés russes (à 12,5 % de protéines) de 1 $/t. Pendant ce temps, l’Américain perdait de 3 à 5 $/t et le Français de 1 à 4 €/t, à 157 €/t, rendu Rouen en base juillet (–2 €/t).

La tendance générale sur la première moitié de la semaine a été donnée par les États-Unis où des perspectives de pluies importantes sur les plaines du sud s’annonçaient. Elles ont finalement été moindres que prévu. En Europe, les bonnes conditions des cultures, la montée des températures, des dégâts plutôt plus faibles que prévu sur les céréales d’hiver dans le nord de l’Union européenne entretenaient aussi la baisse.

Ces évolutions ont laissé de marbre les blés de la mer Noire sous l’influence de leurs propres fondamentaux : les disponibilités de blé russe à proximité des ports se raréfient, les semis de printemps ont été retardés et la logistique reste contraignante. L’Ukraine, quant à elle, a réalisé plusieurs ventes de blé fourrager vers l’Asie : des chargements qui auront lieu à partir de juillet mais qui impactent les prix de l’ancienne campagne, dans le cadre d’un bilan ukrainien devenu fragile.

Les prix de la mer Noire reflètent la forte demande à l’exportation servie par cette région du monde. A contrario, si les disponibilités s’épuisent en mer Noire c’est que cette région a « raflé » beaucoup de demande aux dépens des autres exportateurs. Ce qui explique l’ambiance assez morose pour les blés français dont les sorties risquent, en outre, d’être handicapées, voire réduites par les problèmes logistiques actuels (tout comme certaines utilisations industrielles).

La correction à la baisse se poursuit pour l’orge

Les orges fourragères ont perdu entre 1 et 3 €/t sur le marché français cette semaine, à 162,50 €/t rendu Rouen (base : juillet, –2,80 €/t). Cette évolution se reporte sur le marché mondial où l’origine France abandonne cette semaine 4 $/t, à 215 $/t. Plusieurs chargements sont pourtant en cours au départ de la France vers l’Arabie, faisant suite à des achats réalisés en février, et la Chine (60 000 t).

Néanmoins, il ne semble pas que l’origine française ait capté une grosse part de marché dans le dernier achat de l’Arabie pour livraison d’ici à la fin de juin. Cela pourrait expliquer l’affaissement des prix alors que les cotations ukrainiennes et russes restent nettement supérieures à 218 et 220 $/t Fob respectivement. Aux prix actuels, les orges françaises ont aussi commencé à devenir un peu moins attractives en alimentation animale.

L’imposition de taxes à l’importation par la Chine sur le sorgho américain a suscité beaucoup d’interrogations cette semaine. Cela pourrait-il entraîner une substitution de sorgho par de l’orge ? Il s’agit d’un élément à suivre qui pourrait impacter la prochaine campagne principalement.

Du côté brassicole, la fin des semis de printemps et la montée des températures ont rassuré. Les prix de la nouvelle récolte continuent de baisser : –1 €/t pour les orges d’hiver, à 167,00 €/t, Fob Creil en base juillet, et –1,50 €/t, à 193,50 €/t, pour les orges de printemps. Ces évolutions se déroulent dans le cadre d’un bilan pour 2018-2019 qui s’annonce assez lourd à l’échelle de l’Union européenne pour les orges de printemps s’il n’y a pas de gros accidents climatiques d’ici à la récolte.

Le maïs baisse partout sauf en Ukraine

Les maïs américains et argentins ont vu leur prix décroître cette semaine de 9 et 6 $/t, respectivement à 191 et 190 $/t Fob. Le maïs français a abandonné 4 €/t, à 165,5 €/t, Fob Bordeaux, sous la pression des maïs importés des pays tiers qui limitent les exportations de la France vers les autres membres de l’Union européenne.

Même si les semis sont en retard aux États-Unis, ils ont débuté et cela a contribué à l’affaissement des prix. Par ailleurs, la situation commence à se décongestionner sur la partie basse du Mississippi et cela comprime les prix dans le golfe du Mexique. Enfin, la Chine a déstocké de grosses quantités de maïs en quelques semaines et cela pèse aussi.

En Ukraine toutefois, les prix ont gagné cette semaine 3 $/t : les exportations se poursuivent mais les tergiversations de la Chine concernant le sorgho américain peuvent laisser présager d’un recours accru de ce pays au maïs ukrainien.

Les fortes disponibilités américaines pèsent sur le soja

Après la hausse des prix observée la semaine dernière, les prix du soja marquent le pas cette semaine. À la clôture de Chicago jeudi soir, le soja américain était en baisse de presque 9 $/t sur la semaine, à 381 $/t, (échéance de mai 2018). Les prix se sont affaissés progressivement cette semaine. D’un côté, les ventes de soja américain se sont avérées décevantes la semaine dernière avec seulement 1 million de tonnes vendues. De l’autre, les tensions géopolitiques et commerciales continuent d’inquiéter les opérateurs.

Enfin, le démarrage de la saison des semis, avec d’abord le maïs, rassure quelque peu les opérateurs, soucieux des conditions météorologiques jusqu’à présent défavorables. Les pertes de récolte en Argentine sont maintenant bien intégrées par le marché : le gouvernement argentin a lui aussi réduit son estimation à environ 37,5 millions de tonnes. Et les bonnes disponibilités américaines pèsent donc sur les cours.

Le colza toujours en retrait en France

Comme la semaine dernière, les cours du colza français sont à la baisse. Ils perdent ainsi 4,5 €/t en rendu Rouen et 6 €/t en Fob Moselle. Sur Euronext (contrat de mai). Les prix reflètent des importations importantes sur le rapproché, plusieurs bateaux étant en déchargement dans les ports européens.

Contrairement à la tendance, la cotation du canola au Canada est de nouveau à la hausse, avec un gain de plus de 5 $/t cette semaine, à 422 $/t. Une bonne demande sur le rapproché et les incertitudes sur les semis soutiennent les cours.

Le prix du tournesol est inchangé cette semaine à Saint-Nazaire, à 315 €/t. Comme précédemment, les bonnes marges de trituration empêchent une baisse des cours.

Le prix du tourteau de soja s’affaisse

Cette semaine encore, le tourteau de soja à Montoir recule de 2 €/t au 19 avril, à 385 €/t. La forte demande locale limite le recul des prix qui ont été influencés par les évolutions aux États-Unis. Sur le marché américain, les prix du tourteau sont en net recul cette semaine à 412 $/t (–11 $/t). La forte hausse de la trituration au mois de mars confirme que les industriels répondent présents et augmentent les disponibilités en tourteaux.

Le prix du pois au départ de la Marne est inchangé cette semaine, à 172 €/t.

Tallage

À suivre : état des cultures en Europe et mer Noire, impact de la taxation du sorgho américain par la Chine, météo aux États-Unis pour la poursuite des semis de printemps, logistique en France, relations commerciales entre les États-Unis et le reste du monde, avancée de la récolte de soja en Argentine, conditions climatiques au Canada.

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