Les blés et les orges français voient leur prix s’affaisser cette semaine malgré le soutien du marché mondial. Pour le maïs, c’est la hausse des prix américains qui influence les prix français.
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Les blés et les orges français voient leur prix s’affaisser cette semaine malgré le soutien du marché mondial. Pour le maïs, c’est la hausse des prix américains qui influence les prix français.

Le blé français à contre-courant

C’est la hausse qui l’a emporté à nouveau sur le marché mondial du blé cette semaine, menée par les blés américains qui ont gagné entre 3 et 13 $/t selon les qualités et les blés russes (+5 $/t à 215 $/t Fob pour les blés à 12,5 % de protéines).

La nouvelle progression des prix américains s’est produite malgré la révision en hausse des stocks américains par le département américain à l’Agriculture (USDA) mardi dernier lors de sa publication mensuelle sur l’offre et la demande.

C’est en fait les inquiétudes climatiques qui ont encore tiré les prix américains, le temps restant froid et sec dans le nord du pays, empêchant ainsi les semis de blé de printemps de se dérouler correctement. Les prix à Chicago s’affaissent toutefois à la fin de la semaine à la suite de l’annonce de l’arrivée de pluies très attendues sur les plaines du Sud.

Exportations massives en Russie

En Russie, c’est le rythme effréné des exportations qui continue de tirer les prix : les ventes à l’étranger n’en finissent pas d’être revues en hausse et le pays s’approche à grand pas des 40 millions de tonnes exportées en blé tendre !

On aurait pu attendre une baisse des prix russes en dollar cette semaine à cause de l’effondrement du rouble consécutif aux sanctions américaines envers l’économie russe et des menaces de représailles américaines en Syrie faisant suite aux attaques chimiques. Mais la forte demande pour les blés russes l’a emporté sur l’effet monétaire.

Malgré ce contexte, les blés français n’ont pas suivi à la hausse. Leur prix est resté stable en dollar et a cédé un peu de terrain en euro à la suite du léger renforcement de la monnaie unique face au dollar. L’Europe, et la France notamment, a encore des disponibilités à écouler alors que les ventes vers pays tiers auront beaucoup de mal à dépasser le niveau de 8 Mt. La prévision de 8,3 Mt retenue dans le bilan FranceAgriMer cette semaine apparaît même optimiste. Les prix français abandonnent environ 1 €/t, à 158,75 €/t rendu Rouen (base : juillet) ou 165,5 €/t pour l’échéance de mai sur Euronext.

Baisse de l’orge sauf en Moselle

Peu de variations sur le marché de l’orge cette semaine : –1 €/t à Rouen, à 165,25 €/t, en base juillet et +1 $/t, à 218,25 $/t, en prix Fob faisant suite à l’appréciation de l’euro face au dollar. Les orges de la mer Noire sont restées stables elles aussi.

Les prix des orges semblent donc marquer le pas après leur importante progression depuis février. Devenues très chères par rapport aux céréales concurrentes, les orges perdent maintenant de la demande potentielle en alimentation animale et cela vient mettre un frein (momentané ?) à la hausse de leur prix.

Belle exception toutefois en Fob Moselle où les prix des orges fourragères ont gagné 6 €/t cette semaine, les prix fluviaux étant sans doute soutenus par la demande allemande et les problèmes logistiques (manque de train et de camion).

Sur le créneau brassicole, les semis de printemps sont maintenant quasi terminés et cela pèse sur les prix : –4 €/t pour les orges de printemps nouvelle récolte à Creil à 195 €/t.

Légère hausse du maïs

Ce sont encore cette semaine les problèmes logistiques et les inquiétudes concernant l’Amérique du Sud qui ont dirigé les prix américains du maïs. Ces derniers ont gagné 9 $/t, à 200 $/t Fob, et les maïs argentins 7 $/t, à 196 $/t Fob. En Amérique du Sud, les estimations de récolte sont de nouveau à la baisse.

L’USDA vient de revoir la récolte argentine à 33 millions de tonnes (36 auparavant) et nous pensons que ce chiffre a encore un potentiel de baisse. Au Brésil, elle baisse la récolte à 92 millions de tonnes contre 94,5 auparavant.

Et aux États-Unis, le fret fluvial s’envole à cause d’un niveau très élevé des eaux qui empêche le fonctionnement normal des fleuves, Mississippi notamment, Cela a été renforcé hier par une fuite de diesel qui a conduit à la fermeture de la circulation sur la portion basse du Mississippi.

Influencés par les prix américains, du nord et du sud, les prix français montent légèrement cette semaine : +1,5 à 2 €/t, à 165 €/t Fob Rhin et 163,25 €/t Fob Bordeaux en base juillet).

En Ukraine en revanche, les prix se sont plutôt affaissés après que les hauts niveaux des dernières semaines qui ont entraîné de nouvelles ventes de la part des producteurs.

Le marché mondial plus fragile soutient les cours du soja

Les prix du soja remontent nettement cette semaine, après les rebondissements géopolitiques de la semaine dernière. À la clôture de Chicago jeudi soir, le soja américain était en hausse de presque 11 $/t sur la semaine à 390 $/t (échéance de mai 2018).

Le marché a été soutenu cette semaine par la prise en compte par l’USDA des pertes en Argentine, avec un recul de la production de soja dans ce pays de 7 millions de tonnes (Mt) ce mois-ci à 40 Mt. Certains analystes sont même plus bas : la Bourse de Rosario a par exemple revu sa prévision à seulement 37 Mt.

Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis n’empêchent pas ces derniers d’augmenter leur rythme de vente, avec plus de 1,5 Mt répertoriée la semaine dernière. L’USDA a d’ailleurs maintenu sa prévision d’exportations pour 2017-2018 et a revu en légère hausse la trituration en lien avec une forte demande.

Quant au risque militaire en Syrie, il fait monter les cours du pétrole et par conséquent ceux des huiles végétales ainsi que des graines. La hausse des prix a toutefois été contenue par les bonnes disponibilités en huiles végétales ainsi que par l’annonce de la Malaisie de la remise en place de taxes d’exportation à partir de mai (à 5 %).

Les prix du colza français à contre-courant

Comme la semaine dernière, la cotation du canola au Canada est orientée à la hausse, avec un gain de presque 3 $/t cette semaine à 417 $/t. Les cours restent soutenus par le soja voisin, ainsi que par des conditions climatiques à surveiller dans les plaines canadiennes.

Malgré la hausse des prix mondiaux (canola et soja), les cours du colza français reculent cette semaine. Ils perdent ainsi 4 €/t en rendu Rouen et 3 €/t en Fob Moselle. Sur Euronext (contrat de mai), ils reculent de 4 €/t.

Les prix de la graine subissent la remontée de l’euro face au dollar, ainsi qu’une demande locale peu dynamique. Une usine allemande de trituration et de biodiesel a d’ailleurs récemment annoncé un ralentissement de son activité, du fait des importations de biodiesel argentin.

Le prix du tournesol est inchangé cette semaine à Saint-Nazaire, à 315 €/t. Les bonnes marges de trituration empêchent une baisse des cours.

Léger recul du tourteau de soja en France

Après la forte hausse observée la semaine dernière, le tourteau de soja à Montoir recule maintenant de 5 €/t au 12 avril, à 387 €/t. Il pâtit lui aussi de la hausse de la monnaie européenne.

Sur le marché américain, les prix du tourteau de soja sont quasiment inchangés à 423 $/t. Les marges semblent suffisamment incitatives pour générer la trituration nécessaire à la couverture des besoins animaux en protéines.

Le prix du pois départ Marne recule légèrement cette semaine à 172 €/t (–3 €/t).

Tallage

À suivre : développement des cultures d’hiver et semis de printemps dans l’hémisphère Nord, conditions d’ensemencement du blé de printemps aux États-Unis, logistique sur le Mississippi, relations commerciales entre les États-Unis et le reste du monde, avancée de la récolte de soja en Argentine, conditions climatiques au Canada.

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