Dans une note de conjoncture publiée le 31 octobre 2017, le ministère de l’Agriculture fait le bilan d’une campagne des légumes d’été malmenée par les aléas climatiques. La mise en place des cultures s’était pourtant faite dans des conditions favorables à la précocité des récoltes. « Amplitudes thermiques élevées, gel en avril, coups de chaleur successifs et retour de la fraîcheur à la fin de l’été ont limité les rendements, explique le ministère. Les productions de courgette, de tomate, de fraise, de laitue et de chicorée ont baissé sur un an, tandis que celles de concombre et melon s’accroissaient.

Davantage de concombres

La tonique récolte de concombre s’accompagne d’une chute des cours. Avec 129 900 tonnes, la production serait en hausse de 3 % par rapport à l’an dernier. En cumul de janvier à août 2017, les importations affichaient 49 700 tonnes, en léger repli sur un an. Avec 11 600 t, les exportations sont restées stables. Au total, le déficit des échanges s’est réduit de 2 % sur un an.

« Au tout début de la campagne, les volumes nationaux encore modestes à cette période et une concurrence espagnole moins vive que lors des campagnes précédentes ont contribué à la fermeté des prix », indique Agreste. Puis les cours ont décroché, et le légume a été déclaré en crise conjoncturelle à deux reprises par le Réseau des nouvelles des marchés (RNM). Sur les neuf premiers mois de la campagne, les prix à la production se sont contractés de 9 % sur un an.

La courgette dévisse

Les récoltes de courgette ont dévissé, en raison notamment des gelées. Les épisodes de chaleur de juin et juillet ont contribué à accélérer les récoltes, mais n’ont pas suffi. La production est inférieure à 2016. De plus, les surfaces cultivées reculent. Sur la période d’avril à août 2017, 42 900 t de courgettes ont été importées, soit 9 % de moins qu’en 2016, et les exportations ont reculé de 13 %, avec 5 500 t. Côté cours, les chiffres sont proches de l’an passé.

12 % de melons en plus

Avec 280 100 t, la production de melon a progressé de 12 % sur un an, sur une surface de 13 600 ha, en hausse. « L’offre excédentaire ne pouvant être absorbée, le cours à la production a chuté et le légume a été déclaré en crise conjoncturelle, du 29 juin au 10 août, et durant la deuxième quinzaine de septembre. De mai à août 2017, avec 131 900 t, les importations ont augmenté de 11 % sur un an. Malgré une hausse des exportations de 11 %, à 30 000 tonnes, le déficit des échanges s’est creusé.

La tomate, le légume le plus importé

Quelque 576 000 tonnes de tomates destinées au marché du frais ont été produites de février à décembre 2017, soit un repli de 8 % par rapport à la campagne précédente pour des surfaces stables. Les importations affichent 301 500 t, en repli de 2 % sur un an. Avec 132 800 t, les exportations se sont contractées de 4 % sur un an.

« À la fois le légume le plus importé et le plus exporté en France, la tomate afficherait une réduction de son déficit des échanges sur la période de février à août 2017 de 1 % sur un an », rapporte le ministère. Au début de la campagne, les prix à la production étaient nettement au-dessus de ceux de 2016. Puis l’offre plus massive a tiré les cours vers le bas, faute de demande.

La fraise ronde en crise

La production de fraise représente 58 000 t, en repli de 3 % sur un an, sur des surfaces en baisse de 1 %. De mars à juillet 2017, les exportations sont restées stables, à 8 100 t, tandis que les importations, 56 900 t, reculaient de 9 %. « Malgré une offre limitée, la campagne a débuté en mars avec des prix à la production situés en dessous de la moyenne de 2012 à 2016, la demande étant encore peu présente », indique le ministère.

En mars, la fraise ronde, arrivée en avance sur les étals, est déclarée en crise conjoncturelle par le RNM. D’avril à mai, le produit a subi le tassement saisonnier des cours à l’approche du pic de production. En juin, à la fin d’une récolte printanière précoce, la météo estivale a soutenu la demande. Les prix étaient supérieurs de 4 % à ceux de la campagne de 2016.

44 millions de têtes de chicorée frisée

Pour la campagne d’été qui s’étend de mai à septembre, la production de chicorée d’été affichait 44 millions de têtes, soit 4 % de moins que l’été précédent. « En mai, malgré une récolte abondante, servie par une météo favorable, les prix à la production de la chicorée d’été ont augmenté de 13 % par rapport à mai 2016, déclare la note Agreste. Cette bonne tenue est toutefois très éloignée des niveaux particulièrement élevés atteints cet hiver. » De mai à août 2017, les importations affichent 8 200 t, comme l’an passé. Les exportations, avec 3 300 t, perdent 9 %, et le déficit des échanges s’est creusé de 8 % entre les deux campagnes.

Début de campagne difficile pour la laitue

La production de laitue d’été atteint 255 millions de têtes, soit une hausse de 5 % sur un an. Les surfaces atteignent 4 350 ha, comme en 2016. « Dans le prolongement d’une fin de campagne précédente caractérisée par un tassement des prix, les cours de la laitue ont démarré la campagne de 2017 en dessous des cours de 2016, estime le ministère. À partir de juillet, les prix se sont ressaisis jusqu’à devenir en août supérieurs de 17 % à ceux d’août 2016. En septembre, les prix ont décéléré. »

En cumul de mai à août 2017, les importations de laitue se sont repliées de 9 %, pour afficher 21 830 t, tandis que les exportations, avec 3 500 t, bondissent de 13 %. En conséquence, le déficit des échanges s’est réduit de 12 % par rapport à 2016.