Leur amendement, rejeté au printemps, « a contribué à ce que le débat politique se porte sur les concrétisations de cet engagement présidentiel, réaffirmé depuis », souligne ce 13 septembre 2018 dans l’hémicycle Matthieu Orphelin. Il est l’un des fers de lance du combat contre cet herbicide, avec une quarantaine d’autres « marcheurs ».

« Des avancées »

Matthieu Orphelin explique ne pas vouloir « refaire le match », mettant en avant « les avancées obtenues », dont un plan d’actions « avec des mesures nouvelles et emblématiques », tout en saluant le travail accompli sur ce sujet par l’ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, dont il est un proche.

Dix autres députés LREM, François-Michel Lambert en tête, ont cependant déposé pour cette nouvelle lecture du projet de loi un amendement pour faire interdire cette substance, principe actif du Roundup de Monsanto, « à compter du 1er juillet 2021 ».

Une commission parlementaire sur les rails

Ex-président du groupe LREM, Richard Ferrand avait proposé en juin la constitution d’une mission parlementaire sur le glyphosate, pour « s’assurer de la progression des travaux nécessaires » afin de trouver des alternatives à cet herbicide. Elle devrait commencer ses travaux le 27 septembre, selon une source parlementaire.

De son côté, Delphine Batho, députée aujourd’hui non-inscrite, exhorte ses collègues à « voter l’interdiction du glyphosate », déplorant une méthode « factice » du gouvernement qui fait « porter le fardeau des pesticides et du glyphosate au monde agricole ». Elle défendra un amendement sur ce sujet.

Et d’ajouter que dans le combat sur les néonicotinoïdes, « on a entendu les mêmes arguments », notant qu’aujourd’hui avec leur interdiction en France « tous se réjouissent ». Stéphane Travert a rappelé le choix du gouvernement de « faire confiance à l’ensemble de la filière » en maintenant l’engagement de campagne du président Emmanuel Macron, de la sortie du glyphosate en trois ans, qui « sera tenu ».

Une pétition en ligne

L’UFC-Que Choisir relaie à nouveau la pétition contre le glyphosate, dont elle a été parmi les premiers signataires. Lancée en mai 2018 par Foodwatch et plus de 30 ONG (1), elle a réuni à ce jour plus de 310 000 signatures. L’idée : inscrire l’interdiction de cette matière active d’ici à trois ans dans la loi. Plusieurs amendements ont à ce titre été déposés plaidant pour une interdiction de cette substance.

« Alors que plus de 80 % des Français se déclarent favorables à une telle interdiction, l’heure n’est plus à la tergiversation, estime l’UFC-Que Choisir dans son communiqué paru le 12 septembre 2018. Nous appelons les députés à adopter définitivement l’amendement proposant une interdiction du glyphosate. »

« Les échecs patents des plans Ecophyto 2018 puis Ecophyto 2 apportent la preuve que le dialogue, la concertation, les chartes et autres engagements volontaires demeurent insuffisants pour organiser la transition dont le monde agricole a besoin », juge l’UFC-Que Choisir.

C.F. avec l’AFP

(1) Parmi lesquelles Agir pour l’environnement, WWF, Unaf, Générations futures, Greenpeace, France Nature Environnement, Ligue contre le cancer, LPO…