Les intempéries des derniers jours font remonter les revendications syndicales à propos de la réglementation en matière d’entretien des cours d’eau et des fossés. Dans un communiqué diffusé le 2 juin 2016, Orama n’hésite à parler « d’extrémisme réglementaire dont a fait preuve l’État ces dernières années » en la matière.

« Dans ce domaine, interdictions a priori et sanctions démesurées pour le moindre geste ont peu à peu étouffé, au nom d’une vision très intellectuelle de la protection de l’environnement, le réalisme et le pragmatisme des gens de terrain, qui auraient pu atténuer aujourd’hui le débordement des cours d’eau », estime le syndicat des grandes cultures.

« L’Administration aggrave le problème »

« Par sa manière d’appréhender la question de l’eau, l’Administration aggrave trop souvent le problème, qu’il s’agisse de prévenir les inondations ou d’appréhender les périodes de sécheresse », renchérit la Coordination rurale dans un communiqué daté du 2 juin. Selon le syndicat, « l’urbanisation s’étale au fur et à mesure que les agriculteurs reculent et disparaissent faute de revenu : l’imperméabilisation des sols est donc croissante. En outre, le drainage agricole fait l’objet d’un dénigrement et d’une obstruction de l’Administration, alors qu’il améliore les infiltrations d’eau dans le sol et réduit les ruissellements. »

La Coordination rurale estime aussi que « le projet de loi sur la prévention des inondations et la protection contre celles-ci, adopté en première lecture au Sénat en novembre 2013 et resté en suspens depuis, fait clairement le lien entre la définition du cours d’eau et la problématique des inondations.

Le défaut d’entretien, dont l’Administration porte la responsabilité du fait du harcèlement qu’elle opère auprès des riverains qui s’y risqueraient, freine l’écoulement des eaux, favorise l’encombrement du lit, les débordements et donc les inondations. »

Le syndicat se dit prêt à échanger avec le ministre de l’Agriculture sur la loi sur l’eau pour assouplir l’entretien des fossés et des cours d’eau, et ce, dans les plus brefs délais. « Il est temps que la question de l’eau ne reste plus entre les seules mains de quelques environnementalistes déconnectés de la réalité hydraulique et qui ne représentent qu’eux-mêmes, mais qui exercent une véritable dictature en France, par le biais de leur pouvoir administratif », conclut la Coordination.

Ni calamités, ni assurances

Orama rappelle par ailleurs que « les grandes cultures ne sont pas éligibles aux indemnisations du fonds national de gestion des risques en agriculture et les assurances récolte ne peuvent pas couvrir les dégâts en zones classées inondables alors que les terres agricoles servent de plus en plus de zones d’extension des crues pour préserver les populations ». Il va donc « falloir trouver des solutions pour prendre en compte dans un certain nombre de cas les dommages subis par les producteurs victimes d’inondations en grandes cultures », alerte Orama.

De leur côté, « la chambre interdépartementale d’agriculture, la FDSEA et les JA d’Île-de-France interpellent les services de l’État pour qu’ils prennent toutes les dispositions nécessaires afin de faire reconnaître le caractère exceptionnel de cet événement climatique, et d’étudier, en lien avec la profession agricole, les voies d’indemnisation possibles. » L’Île-de-France est particulièrement affectée par des précipitations hors norme. Les grandes cultures, le maraîchage, les vergers et les élevages sont impactés.

Guy Vasseur, président de l’APCA (chambres d’agriculture), appelle le 3 juin 2016 à une mobilisation « sans faille et rapide, y compris vis-à-vis des déclarations Pac ».

IE.