Dans une lettre ouverte adressée à Valérie Pécresse le 9 septembre 2016, le Staff regrette que la subvention accordée pour l’achat de semences certifiées de céréales soit « accordée qu’au seul circuit des semences industrielles. Elles représentent moins de la moitié (40 % environ) des volumes de semences mis en terre chaque année dans cette région », précise le Staff. Le reste étant des semences de ferme. Les trieurs à façon souhaiteraient donc que la pratique des semences fermières puisse aussi bénéficier de son soutien.

« Une mesure de sobriété »

« Ce serait une mesure de sobriété que de soutenir la semence de ferme et beaucoup moins coûteuse pour les deniers publics. Pourquoi ne favoriser que le seul modèle de l’industrie ? », écrit le Staff, qui rappelle que la « semence de ferme finance chaque année la recherche en versant 11 millions d’euros de royalties aux semenciers pour soutenir l’innovation variétale. »

Le syndicat rassure la présidente de la Région sur le fait que « les grains de la récolte de 2016, préparés avec le savoir-faire adéquat, sont tout à fait en capacité de produire une semence de qualité ». Certes plus petits, « ils conservent toute leur capacité germinative, il suffit de bien les trier. Ce que les professionnels de la semence savent faire, comme les stations des semenciers. »

Des dérogations pour les semences certifiées

La Staff rappelle aussi « qu’en cette année où les semences vont manquer, les semenciers utiliseront aussi des grains de ferme issus de la récolte de 2016, ils en ont obtenu la dérogation du ministre M. Le Foll pour se fournir en semence certifiée (dite R2) équivalente à de la semence de ferme. »

Les trieurs à façon argumentent aussi sur l’avantage financier de la semence de ferme, qui, selon eux, « coûte 30 à 40 % moins cher qu’une semence certifiée, avec un rendement équivalent à la récolte ». Autres avantages mis en avant par le Staff : la baisse de moitié du recours aux traitements phytosanitaires enrobant les semences et la possibilité de mélanger les variétés.

« La liberté de choix »

Le Staff souhaite ainsi que Valérie Pécresse accorde aux « agriculteurs la liberté de choix de leur modèle de production » et qu’elle soutienne « justement et équitablement l’ensemble des modèles qui permettront à l’agriculture francilienne de passer ce cap difficile avec une juste utilisation raisonnée des deniers publics ». Et d’inviter la présidente de la Région à visiter une des installations en cours de production de semences sur une ferme de l’Île-de-France.

I.E.