La Coordination rurale juge que la position de la Fop sur l’huile de palme est une « certaine forme d’hypocrisie ». La fédération des producteurs d’oléagineux se félicitait le 3 mai d’un sondage d’Odoxa montrant que « les Français condamnent les importations d’huile de palme pour fabriquer des biocarburants ».

« Ils s’appuient sur un sondage sur l’huile de palme pour les biocarburants sans vraiment parler d’alimentaire, juge Jean Jacquez, coordinateur aux études de la CR. On peut imaginer que les consommateurs sont encore plus opposés à l’huile de palme dans leur assiette que dans leur moteur ».

Perte de marchés en huile alimentaire sur l’UE

Selon la CR, « depuis 25 ans nous avons perdu des parts de marchés rémunérateurs en huile alimentaire sur l’Union européenne en estérifiant les deux tiers du colza français. Cela a ouvert un boulevard à l’huile de palme mais là la Fop ne dit rien là-dessus. »

« La Fop défend des usines de Diester en perdition, au lieu de défendre les producteurs en recherchant une meilleure valorisation des huiles du côté de l’alimentaire », estime Jean Jacquez chiffrant à près de 6 millions de tonnes (Mt) d’huiles importées par l’Union européenne afin de satisfaire la consommation humaine « pendant que la France et l’UE estérifient leur huile de colza ». Sur ces 6 Mt, 3,3 Mt seraient de d’huile de palme et 1,5 Mt de l’huile de tournesol selon les chiffres de la CR.

« Le taux de déficit de l’UE en huile alimentaire est de 69 %. Pourquoi ne pas servir d’abord la consommation alimentaire au lieu de chercher à tout prix à alimenter des moteurs ? », se questionne le coordinateur aux études. Et de poursuivre : « Ce sont les importations d’huiles et de graines qui permettent à l’UE d’orienter une partie de sa production vers les biocarburants. Pas sûr que les consommateurs auraient eu le même avis si on leur avait expliqué cela. Le meilleur moyen d’arrêter les importations d’huiles de palme, c’est justement d’arrêter le Diester. »

I.E.