Plus de 150 militants anti-OGM ont déambulé dans les rues de Dijon jeudi matin, certains en charrette tirée par des chevaux, avant d’arriver devant le tribunal. Ils brandissaient des pancartes réclamant la « relaxe pour nos faucheurs d’OGM » ou dénonçant les « OGM cachés dans les champs ».

« Urgence à alerter »

« Nous avons accepté ce renvoi mais nous en sommes désolés […] parce qu’il y a urgence à alerter sur les OGM mutés, sujets de ce procès », poursuit Annick Bossu, l’une des faucheurs volontaires. « Il y a urgence écologique, agricole, sanitaire et civilisationnelle à arrêter ces cultures. »

Pour Dijon Céréales, les plants en cause ne sont pas classés OGM, mais obtenus par mutagenèse. Ces variétés ont été créées « pour répondre aux problématiques des agriculteurs et notamment le développement de mauvaises herbes » en utilisant moins de produits phyto, fait valoir la coopérative.

Croisade contre la mutagenèse

Mais pour les militants anti-OGM, le colza « Clearfield » en question va au-delà de la mutagenèse en utilisant « une autre technique : la multiplication in vitro de cellules de pollen » qui fabrique « des chimères génétiques », « des organismes vivants modifiés au sens de la réglementation internationale ».

Le statut de ce type de semences fait débat depuis plusieurs années, ce qui a conduit neuf organisations à saisir en 2015 le Conseil d’État sur ce sujet. La plus haute autorité administrative a ensuite sollicité l’avis de la Cour de justice européenne, qui ne s’est pas encore prononcée.

AFP