L’analyse de l’OCDE couvre six États membres de l’Union européenne : la République tchèque, la France, l’Allemagne, la Hongrie, la Pologne et le Royaume-Uni, pour deux périodes, avant et après la réforme de la Pac en 2003. Pour comprendre les décisions des exploitations et les réponses aux politiques et autres changements, l’analyse utilise les données des fermes individuelles.

Trois critères à la loupe

Pour étudier les sources de croissance, la productivité est décomposée en trois éléments : les évolutions techniques, l’effet d’échelle et l’efficacité technique. Les exploitations étudiées en France et en Allemagne de l’Ouest ont augmenté leur productivité annuelle de 0,7 % en moyenne sur la période allant de 1995 à 2003, et les fermes anglaises de 0,9 % par an.

Pour la période de 2004 à 2013, la tendance s’est révélée plus diverse. Alors que les facteurs de productivité étaient amenés à se développer en France et en Angleterre, une baisse a été notée pour les exploitations allemandes. La productivité a progressé en République tchèque, a diminué en Hongrie et est restée stable en Pologne.

Les évolutions techniques se sont avérées être la principale source de croissance de la productivité et de façon considérablement plus importante sur la période de 2004 à 2013 que sur celle de 1995 de 2003 pour les exploitations des pays observés.

Toutefois, les différences dans les développements des facteurs de productivité entre les pays pour la période de 2004 à 2013 suggèrent que « les spécificités et les modèles nationaux de la mise en œuvre de la Pac jouent aussi un rôle important pour la croissance de la productivité des cultures agricoles », selon les rapporteurs.

Réduire les risques du marché

Les rapporteurs ont par ailleurs estimé que « les technologies actuellement appliquées aux exploitations agricoles présentaient d’importantes économies d’échelle ». Cependant, selon eux, « les économies d’échelle ne sont pas pleinement exploitées, ce qui suggère la présence de certaines contraintes institutionnelles sur la croissance agricole ».

Étant donné la variabilité accrue des prix des produits agricoles, l’accès à des instruments efficaces de réduction du risque de marché peut faciliter la prise de décision et améliorer les capacités des agriculteurs à bénéficier des économies d’échelle. Le rapport met aussi en avant le fait que « les grandes fermes semblent être mieux placées pour exploiter les économies d’échelle ».

« Les paiements découplés moins distorsifs »

Les rapporteurs ont également remarqué que « les paiements de soutien agricole influent négativement sur la productivité et l’efficacité de l’utilisation des intrants. Des paiements plus découplés semblent moins distorsifs que d’autres formes de soutien. »

Les exploitations françaises se sont avérées efficaces dans l’utilisation du travail, alors que les fermes anglaises semblent avoir une taille optimale compte tenu des loyers des terres agricoles anglaises. Les exploitations agricoles ont tendance à être surcapitalisées, notamment en Angleterre, en France et en Allemagne de l’Ouest, comparé aux trois pays de l’Europe de l’Est étudiés dans le rapport.

Les auteurs pointent deux options possibles pour améliorer le capital. La première : faciliter des marchés transparents et efficaces pour les machines agricoles et les contrats de services, y compris l’utilisation collective de machines dans les coopératives de machines agricoles et l’échange de services entre agriculteurs. La deuxième : promouvoir le développement de technologies et d’équipements évolutifs et flexibles adaptés aux spécificités et aux exigences de différentes cultures.

I.E.