La Coordination rurale (CR) et l’Organisation des producteurs de grains (OPG) appellent « François Hollande et Manuel Valls à intervenir auprès de la Commission européenne pour qu’elle exploite les résultats des agences scientifiques », loin de toute « position idéologique insupportable [...] qui engage officiellement, de manière inacceptable, l’État français ».

Dans leur communiqué diffusé ce 7 juin 2016, la CR et l’OPG considèrent que « le retrait du glyphosate serait d’un grand préjudice auprès des agriculteurs car il n’existe aucune solution satisfaisante pour sa substitution, aussi bien techniquement qu’économiquement ».

Les deux syndicats rappellent que, « utilisé à faible dose, [le glyphosate] constitue [...] la base des techniques de cultures sur couvert végétal telles que préconisées par l’agroécologie ». Même discours pour la FNSEA qui considère que le glyphosate est « le seul désherbant disponible pour les agriculteurs ».

Manque de cohérence

Si Stéphane Le Foll promeut « l’agroécologie, l’agriculture de conservation, [le] stockage du carbone [...], le plus souvent liés à la pratique du “non-labour” », la position de la France contre la réautorisation du glyphosate laisse la Fédération dans l’« incompréhension totale ». La FNSEA « attend du gouvernement qu’il réanalyse sa position [...] lors de la procédure d’appel ».

La veille, l’ECPA (Association européenne de protection des cultures) disait entendre « souvent les politiciens proclamer que l’Europe a le système le plus sûr de la sécurité alimentaire dans le monde. Avec cette décision, tout ce qu’ils font est jeter le doute sur ce système, et de créer la peur et la confusion des consommateurs européens, parmi ceux-là mêmes que le système est conçu pour protéger. »

Quant au Copa-Cogeca, via son secrétaire général, Pekka Pesonen, il se dit « très déçu de l’absence de progrès sur cet important dossier » dans un communiqué du 6 juin 2016. Il appelle les États membres à suivre les recommandations de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), c’est-à-dire à voter pour l’autorisation du glyphosate en comité d’appel.

Les regrets des associations

Le 6 juin 2016, toujours, Charlotte Lepître, de France Nature Environnemen t (FNE), dit regretter « que la France se soit abstenue aujourd’hui alors qu’elle avait jusque-là tenu sa position contre le renouvellement du glyphosate ».

En effet, dans un tweet daté du 1er juin, lendemain du jour où la Commission a annoncé la proposition qu’elle allait faire aux États membres, Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, disait : « Bien évidemment, la France ne changera pas d’avis sur le glyphosate et ne votera pas la proposition de Bruxelles. #santé et environnement ».

Même réaction pour Foodwatch, Générations futures et la Ligue contre le cancer, qui ajoutent que « l’exécutif européen devrait tirer des conclusions de [l’] impossibilité de parvenir à une majorité qualifiée ». FNE et ces trois organisations demandent que le principe de précaution soit appliqué pour protéger la santé des citoyens.

A.Cas.