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Une interdiction du jour au lendemain serait « irresponsable »

© Facebook / F. de Rugy

François de Rugy, le président de l’Assemblée nationale, estime que toute interdiction soudaine du glyphosate serait « irresponsable », souhaitant que ce produit soit remplacé « progressivement ».

« On ne peut pas interdire des produits qui sont utilisés, malheureusement d’ailleurs, en grande quantité dans l’agriculture comme ça du jour au lendemain, c’est complètement irresponsable, estime François de Rugy, ex-écologiste. Et ce tout en invoquant le « principe de précaution » face aux débats sur la dangerosité pour la santé du glyphosate.

« J’ai toujours défendu l’idée qu’on les remplace progressivement en donnant un peu de temps, mais en le faisant, poursuit-il ce dimanche 1er octobre 2017, dans « Dimanche en politique » sur France 3. C’est déjà le cas pour les particuliers et les collectivités locales, qui dans l’entretien des jardins et espaces verts ne pourront plus utiliser ce produit ».

AFP
Contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Également interrogé sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, François de Rugy rappelle qu’il a « toujours voté contre. Je n’ai pas changé d’avis. [Pour autant], j’ai toujours soutenu la proposition d’Emmanuel Macron d’[une] médiation. Nous y sommes, elle va rendre ses conclusions d’ici à deux mois ; attendons le résultat de ce rapport qui mettra sur la table un comparatif entre les avantages et les inconvénients de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et le réaménagement de l’aéroport » existant. « Les experts ont bien dit qu’il fallait (encore) creuser beaucoup de choses qui n’avaient jamais été creusées. »

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Commenter cet article 6 commentaires
ERIK DE LARTIGUE

L'agriculture grandes cultures dite "productiviste", la seule qui pour le moment nourrit la planète, s'est organisée autour du glyphosate.
Selon ce que l'on nous avait dit, le glyphosate n'était pas dangereux parce qu'il est biodégradable et que les agences de santé le disaient non cancérogène. Nous n'étions pas donc inquiets. Il y avait bien un professeur de médecine qui avait alerté le public, mais son rapport était de si mauvaise foi et son expérience si truquée que cela nous confortait dans notre tranquillité : "si, pour s'opposer au glyphosate, on n' a recours qu'à d'expériences truquées, c'est que vraiment il n'y a pas de risque". Bien sûr le produit tel quel reste dangereux, et il faut le manipuler avec précaution. Mais ça on sait le faire.
Pourquoi utilise - t-on le glyphosate? Ce produit tue toutes les herbes, mais uniquement celles qu'il touche . Toutes les graines qui n'ont pas poussé ne seront pas impactées. On peut donc, si nécessaire, semer au milieu des adventices et désherber juste avant ou juste après le semis. Le champ sera tout propre (en attendant les herbes qui naitront en même temps que la culture semée et qu'il faudra désherber autrement). On n'a plus le problème de l'herbe que l'on a biné pour qu'elle sèche et meure au soleil (ou au vent) mais qui repousse parce qu'il a plu aussitôt. J'ai le souvenir d'un printemps très pluvieux où il a été très difficile de semer du tournesol. Enfin il y a eu quelques jours pendant lesquels on a pu entre dans les terres, on a semé et désherbé et 10 jours après le tournesol est né tout propre. Pendant ce temps mes voisins, agriculteurs bio, on essayé de détruire mécaniquement l'herbe avant de semer. Ils ont dû attendre que la terre sèche pour passer le cultivateur. Or chaque fois qu'ils travaillaient, il pleuvait dans les trois jours. Finalement ils ont pu semer un mois et demi après nous.
Cette facilité donnée par le glyphosate et le prix très faible de ce dernier on fait évoluer les techniques culturales : on a pu faire de l'agriculture sans labour, on a développé (et même rendu obligatoire) les couverts (cultures intermédiaires couvrant le sol dans l'attente d'un semis d'automne ou de printemps. Ces cultures limitent l'érosion, améliorent le sol, apportent de "l'engrais vert", réduisent le développement des adventices. On peut les mener sans crainte parce qu'on pourra les détruire avant de semer ) On est passé à une agriculture bien plus respectueuse des sols et de l'environnement. Et on a réduit la consommation de carburant même souvent l'utilisation des autres désherbants.
Contrairement à ce que vous affirmez sa disparition n'a jamais été programmée jusqu'à aujourd'hui.
Nous avons connu la disparition de l'atrazine , produit très efficace pour désherber le maïs, mais reconnu nocif par tous et non biodégradable. Sa disparition a été programmée et finalement on a réussi à s'en passer.
Si le glyphosate est vraiment nocif il faudra bien le supprimer, mais cette fois-ci c'est plus compliqué que pour l'atrazine car il a permis et entrainé une modification des techniques culturales qui eu pour conséquence une baisse des coûts de production et a été bénéfique pour l'environnement. L'arrêter d'un coup ne sera pas une chose simple. Aujourd'hui les milieux autorisés nous disent qu'il n'y a pas d'alternative immédiate. Pour ma part je n'en sais rien, mais je ne sais pas non plus si le glyphosate est vraiment nocif, et on ne sait pas non plus si sa suppression n'entrainerait pas un recours accru à d'autres désherbants. Le pire serait qu'il soit interdit aux agriculteurs français et que l'on importe librement des produits "traités au glyphosate". Les consommateurs français n'y gagneraient rien, les paysans y perdraient beaucoup.
Raymond de Lartigue
SCEA du Caumont
raymond.de-lartigue@orange.fr

terredetouraine@terredetouraine.fr

De Rugy ressort lui aussi l'argument de l'interdiction du glypho au particuliers et collectivité. Ce n'est pas la réalité : ce sont tous les produits phytos qui sont interdits. Ce de manière aveugle.

FREDERIC THEPENIER

Il est gentil notre ex écolo mais dans les communes c'est souvent la solution thermique et les particuliers la binette ;
Qu'es ce qu'il nous propose , c'est facile de dire on emploi plus tel ou tel phyto mais il faut aller au bout et donner une(des) solutions alternatives au même coût ! ça c'est autre chose !!!

DOMINIQUE LEBLANC

Ne seraient ce pas des mesures qui ont déjà été faites en avant projet ? On ne fabrique pas un aéroport comme on construit un garage à caravane....
J'ai travaillé en bureau d'études pendant des années et je suis persuadée qu'avant de lancer un appel d'offres, le maitre d'ouvrage, le bureau de contrôle, la maitrise d'oeuvre ont dû faire ces études. Sinon, je perds mon latin...
Depuis quelques années déjà, le côté environnemental est une partie importante du CCTP, il est impensable que cet aspect n'ait pas été étudié bien plus tôt.

DOMINIQUE LEBLANC

Bonjour tout le monde,
En qualité de consommateur, je considère qu'avant de se faire un avis, il faut entendre les 2 parties. Je connais l'avis des consommateurs qui, à juste raison, veut des produits sains et sans aucune ambiguité sur les traitements subis par les aliments qu'ils ingèrent. Aliments que les agriculteurs ingèrent aussi, par ailleurs. J'aimerais beaucoup avoir l'avis des agriculteurs, après tout, oui le glyphosate a de fortes chances de provoquer des cancers, mais pourquoi les agriculteurs ont ils tant de réticences à s'en passer ? N'y a t il pas d'autres produits moins nocifs ? Au même coût, voire moins cher ?
L'arrêt du glyphosate est planifié depuis quelques années déjà, pourquoi parle t on d'arrêt soudain ? Je passe mon temps sur les marchés locaux, je discute avec les exploitants agricoles de mon environnement bourguignon et je n'ai encore jamais rencontré quelqu'un qui était contre l'arrêt du glyphosate. Où est le problème ? qui est contre cet arrêt ? Pourquoi ?
Merci d'éclairer les consommateurs sur ce sujet en votre qualité d'agriculteur, s'il vous plait. Ce serait tellement productif pour tous. Je me suis abonnée à France Agricole dans l'unique but d'avoir un avis de la part d'exploitants, s'il vous plait, aidez moi à comprendre... Je suis en création d'entreprise afin de diffuser des informations et des articles issus de la culture locale et raisonnée et votre avis est PRIMORDIAL pour moi afin de comprendre enfin les tenants et les aboutissants.
Dominique L. = Morvan-biodynamique.fr

FREDERIC THEPENIER

Bonjour aujourd'hui il n'y a pas de produits phytos équivalent en terme technique mais aussi économique .On nous demande de travailler de moins en moins le sol ( par le labour) notamment )pour limité l'érosion . Hors pour détruire les herbes c'est le labour pour les enfouir ou le glyphosate pour les détruire .
Je ne sais pas si vous roulez en véhicule diesel , mais imaginez que l'on interdise de roulez en diesel au 01/01/18 ... comment réagirait les automobilistes ?
cordialement

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